Cameroun : développement du partenariat avec les Parcs Nationaux
En 2004, les projets de Planète Urgence s’ouvrent aux candidats individuels et s’associent à des parcs nationaux, des chercheurs ou encore des associations de protection de l’environnement afin de mettre en place les projets d’éco-volontariat.
Dans le cadre de ce nouveau volet, le Parc National de Waza à l’extrême nord du Cameroun sera le premier partenaire de Planète Urgence.

Ce parc de 170.000 ha crée par l’Administration Coloniale en 1934 représente l'un des derniers échantillons des écosystèmes soudano-sahéliens encore en bon état au Cameroun : zone humide très importante pour le séjour de nombreux oiseaux migrateurs palé-arctiques, la région est un site RAMSAR pour 16 espèces d’oiseaux d’eau - la convention de RAMSAR, signée par 158 pays en 2000 est un traité international pour la conservation et l'utilisation durable des zones humides. L’importance du Parc au plan international a été reconnue en 1981 quand l’UNESCO lui a accordé le statut de Réserve de Biosphère.

A ce jour, plus de 250 volontaires Planète Urgence sont partis assister l’équipe du Parc de Waza sur différents programmes dont des inventaires fauniques, l’alphabétisation des guides du parc, des enquêtes dans les villages environnants, ou encore des cours de soutien scolaire aux enfants des villages de N’Diguina et Waza. Ces programmes ont pour but de lutter à la fois contre le braconnage du parc et d’aider à son développement ainsi qu’à celui de la population environnante. En effet, très souvent, la population ne bénéficie pas suffisamment des avantages d’un Parc National : pour elle, il est souvent synonyme de contraintes car sa législation lui interdit de puiser dans les ressources naturelles par le biais de la chasse et de la pêche, le braconnage étant passible d’amende et d’emprisonnement... De plus, les cultures environnantes au Parc sont parfois détruites par les animaux tels que les éléphants ou les phacochères. Le manque à gagner est alors lourd pour les populations. L’équipe de la conservation a donc un double travail : préserver l’environnement du Parc, notamment par la lutte contre le braconnage, tout en permettant le développement social et économique de la population environnante. Ainsi, la mission « Enquêtes » effectuée dans les villages en périphérie du Parc a pour objectif de faire connaître les attentes de la population. A terme, les besoins exprimés tels que l’accès à l’eau ou l’amélioration des routes seront inclus dans le Plan d’Aménagement de la Zone du Parc. Ils feront partie des éléments à réaliser, sur le long terme, par l'équipe de la conservation et par le gouvernement camerounais.

Saleh Adam, le conservateur du Parc de Waza, a été l’interlocuteur privilégié de Planète Urgence. Il exerce maintenant ses fonctions de Conservateur au Parc National de la Bénoué. Suite aux bons résultats des missions des volontaires de Planète Urgence, Saleh Adam nous a demandé de mettre en oeuvre des missions en faveur du nouveau Parc dont il a désormais la charge. Les problématiques des deux sites étant similaires, les objectifs demeurent : lutte contre le braconnage et aide au développement des populations voisines.

Le Parc National de la Bénoué se situe dans la Province du Nord, à 170kms de la ville de Garoua. Il s’étend sur 180.000 hectares et présente une végétation de type soudano-guinéen, une savane arbustive et arborée peuplée de girafes, lions, éléphants, buffles, antilopes, hippopotames… Classée Réserve de faune et de chasse en 1933, cet écosystème est devenu un Parc National en 1968 puis Réserve de Biosphère en 1981. Cette nouvelle collaboration a ainsi permis la mise en place de quatre nouvelles missions au sein du Parc de la Bénoué :
  • Mission 933 : Soutien Scolaire au sein de l'École Publique de Gamba, en périphérie du Parc,
  • Mission 934 : Participer au comptage de la faune,
  • Mission 935 : Formation du service de la conservation du Parc en bureautique,
  • Mission 936 : Enquêtes socio-économiques auprès des villages riverains du Parc.
L’équipe des écogardes et Saleh Adam y accueillent les volontaires de Planète Urgence de novembre à mai. Les premières missions ont ainsi débuté en janvier avec 9 premiers volontaires.

Quant au Parc de Waza, le nouveau conservateur Albert Kembou (auparavant Conservateur du Parc National de Korup, au sud-est du pays) reprend les missions dés novembre afin de continuer le travail entrepris auprès des guides, de la population et des enfants. En 2009, les missions auront lieu de janvier à début juin puis à nouveau de novembre à décembre.

Un changement logistique important est à noter concernant ces missions d’éco-volontariat : l’accès au nord du pays à partir de la capitale se fait désormais en train et non plus en avion depuis la suspension de cette liaison par la Cameroun Airlines. Ainsi, après une première nuit à Yaoundé, la journée du lendemain est consacrée par les volontaires à une visite de la ville (accompagnés par Jojo ou Jean-Marie, deux fidèles amis de Saleh Adam). Les volontaires prennent ensuite un train de nuit à destination de N’Gaounderé. Sur place, ils sont accueillis par leurs partenaires terrain respectifs . Il est vrai que cela fait trois jours de voyage aller et trois jours de voyage retour : mais ils sont vite passés devant l’accueil des camerounais du Nord et la beauté des paysages !
Camille Aunis & Lydia Bonga pour Planète Urgence (France)
Le 26-05-2008
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement les vues de Planète Urgence.