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Environnement
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Non seulement l’utilisation de biocarburants ne résout pas le problème du changement climatique mais elle implique d’aggraver encore d’autres problèmes également graves
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Les biocarburants : une grave menace masquée de vert [Fr]

WRM - Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales (Uruguay)
Le 01-12-2006 (Publié sur internet le 01-12-2006)
1204 mots


Les biocarburants (produits à partir de la biomasse végétale) ne règleront pas le problème du changement climatique, mais vont en aggraver bien d'autres.

L’idée de remplacer les carburants d’origine fossile par des biocarburants (produits à partir de la biomasse végétale) peut paraître un pas dans la bonne direction pour éviter l’aggravation du changement climatique. Pourtant, non seulement les plans pour leur production et leur utilisation ne sont pas la solution de ce problème mais ils en aggravent bien d’autres.

Les biocarburants que l’on propose d’adopter sont le biodiesel (obtenu à partir des plantes oléagineuses) et l’éthanol (obtenu à partir de la fermentation de la cellulose contenue dans les végétaux). Parmi les nombreuses cultures qui s’adaptent à cette fin figurent le soja, le maïs, le colza, l’arachide, le tournesol, le palmier à huile, la canne à sucre, le peuplier et l’eucalyptus.

Étant donné que les grands consommateurs du Nord n’envisagent pas de réduire vraiment leur consommation démesurée de carburants et que, dans la plupart des cas, ils ne disposent pas de terres agricoles suffisantes pour produire la matière première nécessaire à l’élaboration de leurs propres biocarburants, leurs gouvernements et leurs entreprises prévoient d’encourager, surtout dans les pays du Sud, les cultures destinées à la production de biodiesel et d’éthanol.

Il faut souligner que, dans les régions boisées du Sud, une telle politique n’impliquera aucun changement en matière d’exploitation pétrolière ou gazière. Celle-ci va non seulement se poursuivre mais s’élargir, puisque les carburants fossiles continueront d’être l’élément principal de la matrice énergétique des pays du Nord. Par contre, l’affaire des biocarburants ajoutera de nouvelles atteintes à celles que subissent déjà les forêts.

Le soja et le palmier à huile, qui semblent être les principaux candidats pour la production de biodiesel à l’échelle industrielle, suffisent à prouver ce qui précède. Le premier est devenu la principale cause de déboisement dans l’Amazonie brésilienne et au Paraguay, même avant que l’on commence à le planter pour produire de l’énergie. Le deuxième est lui aussi la cause principale de déboisement en Indonésie, et commence à porter atteinte aux forêts dans bien d’autres pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

D’autre part, on a déjà commencé à mettre au point des techniques pour transformer le bois en éthanol (en utilisant des organismes génétiquement modifiés), de sorte que l’industrie des biocarburants poussera à élargir encore les monocultures d’arbres à croissance rapide, aussi bien dans les zones boisées (ce qui augmentera la déforestation) que dans les régions de prairie.

Autant le déboisement que le changement d’affectation des prairies impliquent la libération du carbone stocké. À cela s’ajoutent les émissions découlant de la culture, le traitement et le transport des biocarburants, qui se font surtout à base de pétrole et d’autres éléments émetteurs de gaz à effet de serre : la fabrication des machines utilisées, le carburant utilisé pour les faire fonctionner, la production et l’utilisation d’engrais et de produits agrochimiques toxiques, les camions et les bateaux pour les transporter jusqu’à destination, etc. Autrement dit, le bilan net du carbone dans les zones consacrées à la production de biocarburants risque même d’être négatif, augmentant ainsi la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ; or, c’est précisément cela que l’on prétend éviter.

En définitive, non seulement l’utilisation de biocarburants ne résout pas le problème du changement climatique mais elle implique d’aggraver encore d’autres problèmes également graves.

En effet, des dizaines ou des centaines de millions d’hectares de terres fertiles seront concentrées sous le pouvoir de grandes transnationales et passeront de la production d’aliments à la production de carburants... dans un monde où la faim et la malnutrition sont des problèmes très graves. Au cours du même processus, des millions de producteurs ruraux et de petits agriculteurs seront expulsés et devront émigrer vers les ceintures de misère des grandes villes. Les forêts cesseront d’assurer la subsistance de millions de personnes qui en dépendent, pour être remplacées par du soja, du palmier à huile ou d’autres cultures énergétiques. L’eau sera contaminée (par suite de l’utilisation de produits agrochimiques) ou disparaîtra (par suite de la plantation d’arbres à croissance rapide) ; la faune locale sera gravement affectée par d’énormes déserts verts qui ne lui fourniront pas de nourriture ; la flore indigène disparaîtra, remplacée par de vastes monocultures, et de nombreuses espèces seront contaminées par les organismes génétiquement modifiés qui y seront utilisés, tandis que la monoculture et l’usage de produits chimiques dégradera les sols.

Il est donc évident que cette solution n’est pas la bonne, ni pour les gens ni pour l’environnement. Pourtant, il s’agit d’une excellente opportunité d’affaires pour de grandes entreprises qui opèrent au plan national et, surtout, pour les transnationales : celles du secteur de production et de commercialisation de produits agricoles pour l’exportation, les industries biotechnologique et chimique (qui augmenteront leurs ventes de matériel transgénique et de fournitures agricoles), l’industrie automobile (qui pourra continuer de se développer sous une couverture verte), les nouvelles entreprises apparues sur le sillage des biocarburants et les sociétés pétrolières elles-mêmes, qui sont déjà en train de se joindre à cette nouvelle affaire lucrative.

C’est la raison pour laquelle tant de gouvernements, d’organismes d’aide, d’agences bilatérales ou multilatérales et d’experts internationaux concourent à promouvoir une solution aussi absurde : pour servir les intérêts de ces groupes économiques puissants qui sont ceux qui dictent les politiques mondiales et les tournent à leur profit.

Il faut pourtant préciser que le problème ne réside pas dans les biocarburants eux-mêmes. Au contraire : dans une approche appropriée pour la société et l’environnement ils peuvent servir à satisfaire une partie des besoins énergétiques de nos pays et surtout ceux des populations locales. Le problème réside dans le modèle dans lequel ils s’insèrent, qui comporte la production à grande échelle, la monoculture, l’usage massif de fournitures extérieures, l’utilisation de transgéniques, la mécanisation et l’exportation pour alimenter la consommation démesurée d’énergie dans le Nord.

Il est donc impérieux de faire face à cette nouvelle menace qui plane sur les peuples et les écosystèmes du Sud, et intégrer la question des biocarburants à la lutte pour la défense des forêts et de la diversité biologique, contre l’avancée des monocultures et des transgéniques, pour la souveraineté alimentaire et pour le droit des peuples à choisir leur propre destinée.
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Les commentaires...
Artilleur
23-07-2008
12:01:53
Bioéthanol : ce qu’il coûte et ce qu’il donne :

Il faut un peu plus d’un litre d’équivalent pétrole pour produire un litre de bioéthanol. Ces chiffres s’entendent depuis les labours jusqu’à la dernière distillation.

Il faut un 1,600 litre d’éthanol pour fournir la même quantité d’énergie qu’un litre d’équivalent pétrole.

Où est la bonne affaire ? Ce n’est pas parce que le monde entier déraisonne qu’on doit refuser tout effort de réflexion, quelle que soit la position sociale ou politique.
Lumes75
20-01-2007
11:03:51
Je suis complétement d'accord avec cet article. Nous avons fait un dossier relativement détaillé sur le bioéthanol avec un de mes collègues qui confirme tout cela.

Vous pouvez le retrouver sur le site que nous avons dédié à ce sujet : bioethanol.etude.free.fr
Lili
14-12-2006
12:48:47
Je suis d'accord avec cet article et j'en félicite l'auteur.

Mais j'aimerais que Patrice qui affirme, dans sa réaction personnelle, ''l'énérgie du futur existe'' ( et que même Jules verne et la Bible y font allusion) en parle plus.

Merci d'avance.
Cassandre
12-12-2006
23:15:11
D'accord avec l'auteur, le problème de la pollution planétaire ne peut pas se résoudre avec des bio-carburants. D'autant qu'il faut beaucoup de pétrole (noir ou vert) pour en faire ... rendement positif pas assuré - sauf peut-être si on fait de l'huile directement...
Avant d'aborder le fond une remarque : si par une technique facile à mettre en oeuvre, je peux produire de l'énergie (en quantité raisonnable) au moyen d'un peu de soleil et des végétaux (du papier à l'herbe..), je contribuerais immédiatement et directement à la réduction des besoins donc des pollutions. Ceci multiplié par qqs millions serait loin d'être négligeable. Je ne vois pas d'obstacle technique à ce genre de solution.

Donc que faire, réduire considérablement les consommations d'énergies et autres prélèvements sur l'environnement.

On voit bien qu'aucun gouvernement va dans cette direction : c'est le retour à la bougie la pierre taillée etc donc on ne peut même pas en parler, contraire à une attitude positive conquérante indispensable à la politique spectacle.

Reste donc une chose : dire NON (aux pouvoirs en place), et proposer des solutions. Lesquelles ?

Il existe maints rapports dans ce sens - jamais appliqués. Donc notre mode de fonctionnement est mauvais. Nous savons que faire, nous en avons les capacités et rien ou presque ne se fait.

C'est bien un problème institutionnel, démocratique, de qui détient réellement le pouvoir.
De fait ce n'est pas les citoyens, ni l'intérêt général.
Patrice
09-12-2006
11:01:42
Avant de vouloir prendre des décisions qui vont générer des conséquences plus grave qu'à l'heure actuelle je voudrais simplement poser UNE question !

Est ce que l'on veut réellement diminuer la consommation d'hydrocarbures ? Avant d'aller plus loin c'est la première question à laquelle il faut ABSOUMENT répondre !!! Le reste n'est que du bla bla ...

Posez vous la question ''combien de milliards d'euros rapportent les hydrocarbures à leur propriétaires ?'' et je ne parle pas des Gouvernements.

Car la solution existe concernant le carburant du futur ; Jules Verne en parlait, et dans la Bilble on peut le lire aussi... Mais est ce que cela intéresse les soit-disants Responsables qui nous gouvernent ? Pour info, à l'heure actuelle, on peut réduire minimum je dis bien minimum de 45% la consommation d'hydrocarbures ! Alors où se trouve la volonté des Gouvernements de changer et d'apporter quelques choses de positif pour nos Enfants ? On laisse quoi à nos enfants ?

Merci d'avoir lu cette réaction personnelle
Marie-joëlle chaillol
09-12-2006
10:08:54
Face à un bilan aussi négatif sur les biocarburants, il est à déplorer que les ELUS (qui sont les décisonnaires et les légalisateurs de choix économiques et financiers) privilégient encore une fois les gains financiers de quelques uns au détriment de la collectivité et de l'environnement.

N'y aurait-il pas lieu de lancer une pétition générale via les diverses associations et autres entités tournées vers l'intérêt collectif pour que la priorité soit donnée à l'Homme et à la Nature, et donc à la VIE !, biens plus précieux que l'argent ?

Personnellement j'attends des élus qu'ils se montrent responsables et forts, et non des instruments au service de l'argent. Dans cette optique de respect de la vie, nous aurions, sur cette Terre, beaucoup moins de souffrances et d'actions de destruction, et nous génèrerions beaucoup moins de déséquilibres.

Merci pour vos actions d'informations.

09-12-2006
08:18:55
Comment ne pas penser que ceux qui émettent de tels projets absurdes soient des Extra terrestres !!!

Il est des Etres qui sont nés pour détruire les autres et ils n'ont d'humain que l'aspect extérieur.

Il est certain que l'humanité (que l'on dit être encore au stade de nourrisson) n'atteindra jamais l'âge adulte et encore bien moins celui de sage. Une fois de plus elle va disparaître et après tout TANT PIS puisqu'elle n'est capable que de détruire.

Que pourrait on ajouter à tous ces articles qui prouvent que nos ''genies'' n'utilisent qu'une infime partie de leurs neurones et tout compte fait ''c'est préférable''.
Goma
07-12-2006
18:12:44
Pour ma part, j'espère que la petite ''Oscar electrique et solaire'' conçue en Allemagne par le groupe AKASOL, pourra un jour offrir à un maximum d'utilisateurs une alternative vraiment intéressante au recours aux ''bio''-carburants.
Giloo
07-12-2006
17:10:22
J'ai entendu parler de biocarburants qui pourraient petre produits dans des bioréacteurs (équivalent à nos centrales actuelles) à partir de cultures d'algues microscopiques...

Est-ce que quelqu'un a des infos là-dessus, et est-ce que le développement de ce créneau éviterait les écueils décrits dans cet article ?
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