Le pillage des bois de rose très précieux se poursuit. © Courrier International |
Madagascar : Le trafic prend de l'ampleur [Fr]
Mahefa Rakotomalala
L'Express de Madagascar (Madagascar)
Le 06-07-2010 (Publié sur internet le 19-07-2010)
385 mots
Le trafic illicite de bois précieux, rapporté par les journaux, devient un fait presque banal. Un dossier épineux qui ternit l'image de la Transition.
La catastrophe tend à s'amplifier de jour en jour. Un an et demi après son avènement, le régime de Transition n'arrive toujours pas à mettre fin au pillage des forêts et au trafic illicite de bois précieux. Au contraire, la situation semble même empirer, depuis que le gouvernement a décidé d'autoriser l'exportation des 79 conteneurs saisis à Toamasina, malgré le décret adopté au mois de mars , interdisant le commerce et l'exportation de tout bois précieux à Madagascar.
Un exemple venu d'en haut, semble avoir encouragé de plus belle les trafiquants, pour ne citer que les 300 tonnes saisies aux Comores. Mais les journaux rapportent presque chaque jour, la découverte de marchandises illicites dans les zones sensibles.
Situation alarmante
La situation sur le marché intérieur n'est pas meilleure avec la prolifération des ventes au noir, comme le palissandre et à des prix avantageux.
J'ai l'impression que la situation s'enlise et le gouvernement ne dispose pas de stratégie claire et précise pour stopper l'hémorragie, s'alarme un responsable d'une ONG environnementale.
Même le task force créé spécialement en septembre 2009, pour assainir cette filière, devient de plus en plus discret. L'avenir de cette structure semble être incertain malgré les réformes annoncées par le nouveau ministre de l'Environnement, Herilanto Raveloharison, lors de sa prise de fonction. Une source au sein du task force a affirmé que les membres n'ont pas touché de salaire depuis trois mois.
En tout cas, le dossier bois de rose est loin d'être clôturé pour le régime de Transition. Outre la poursuite des exploitations illicites, l'avenir des tonnes de cargaisons saisies par le task force, par exemple, attend toujours une décision. La marchandise saisie aux Comores fait également l'objet d'une enquête, risquant de toucher de hautes personnalités malgaches. Par ailleurs, l'arrêté interministeriel en vigueur depuis septembre 2009, prévoit que tous les stocks répertoriés et non exportés, deviennent propriétés de l'État. Autant de décisions qui risquent de prendre le pas sur la politique.