Etude commandée par Planète Urgence au courant de l'année 2009, sur la thématique des réfugiés environnementaux. © SCAB |
Migrations et changements climatiques [Fr]
Mélinda Noblet
Planète Urgence (France)
Le 18-01-2010 (Publié sur internet le 18-01-2010)
679 mots
Les migrations de populations sont et seront une des conséquences humaines majeures des changements climatiques. Les estimations varient à ce jour entre 25 millions et 1 milliard de personnes concernées d'ici à 2050. En quoi le sommet de Copenhague a pu influer sur ce sujet?
Quelques explications
Avant de se lancer dans une analyse des conclusions de Copenhague, il est nécessaire de rapidement déterminer ce qui est entendu par migration climatique. Nous pouvons nous référer pour commencer à la définition de l'Organisation Internationale pour les Migrations
on entend par migrants environnementaux, les personnes et les groupes de personnes qui, pour des raisons impérieuses liées à un changement environnemental soudain ou progressif influant négativement sur leur vie ou leur condition de vie, sont contraintes de quitter leur foyer habituel ou le quittent de leur propre initiative, temporairement ou définitivement, et qui, de ce fait, se déplacent à l’intérieur de leur pays ou en sortent *. Concrètement, il va s'agir dans la plupart des cas de migrations internes autrement dit de déplacement au sein d'un même territoire ou bien de migration transfrontalière. Seuls les habitants de certaines îles du Pacifique telles que Tuvalu, risquent de devenir des réfugiés climatiques face à la disparition de leurs îles sous l'eau.
Enfin, il faut bien comprendre que les personnes touchées par les changements climatiques où qu'elles se trouvent sur la planète décideront de quitter leurs lieux de vie habituel qu'en dernier choix, il s'agit d'une solution d'adaptation ultime. Autrement dit, si l'on veut agir pour aider ces populations et bien il faut agir en amont, proposer d'autres solutions d'adaptation. C'est la conclusion à laquelle Planète Urgence est parvenue à la fin de l'étude qu'elle a commandé au courant de l'année 2009, justement sur la thématique des réfugiés environnementaux. Les solutions d'adaptation sont multiples, les instances internationales mais aussi certaines associations de solidarité internationale ont commencé doucement à réfléchir à ce type d'action : information, sensibilisation des populations, aménagement territorial, lutte contre la désertification, système d'alerte précoce...
A titre d'exemple, Planète Urgence mène depuis 2006 une action de lutte contre la désertification à travers son
projet agro-sylvicole au Mali. Le seul bémol à la mise en place de projets d'adaptation de manière élargie, c'est comme bien souvent le financement.
Les conclusions du sommet de Copenhague
Sur cette question, le sommet de Copenhague constituait un enjeu important. Le financement alloué à l'adaptation était l'un des six grands thèmes à l'ordre des négociations. Les positions précédents la rencontre de Copenhague estimaient que 100 milliards US$ par an étaient nécessaires afin d'aider les pays en développement à s'adapter et atténuer leurs émissions de gaz à effet de serre. L'accord de Copenhague a décidé que 30 milliards US$ seront alloués sur la période 2010-2012 pour l'adaptation et la mitigation des pays en développement. Par ailleurs, 100 milliards US$ par an devront être débloqués d'ici 2020. Un nouveau fond viendra gérer cet argent pour le redistribuer de manière équitable selon les besoins des pays en développement :
le fonds climatique vert de Copenhague .
Reste à savoir, quelle efficience aura réellement ce fonds et par quels mécanismes et contraintes l'argent promis sera effectivement distribué... Un fonds pour l'adaptation existe déjà depuis la mise en place du protocole de Kyoto (1998), or son efficience reste à prouver. En effet, les ressources de ce fonds reposent sur un mécanisme un peu complexe auquel s'ajoute les contributions des donateurs. Jusqu'à aujourd'hui ces dernières ont été plutôt faibles au regard des besoins. Enfin, les dernières discussions devant relancer le fonctionnement de ce fonds, ont échoué lors de la Conférence de Poznan, c'est pourquoi, il est aussi considéré comme inefficient.
* BROWN Oli,
Migration et changements climatiques , Rapport de l’OIM, 2008.