Louis-Marie Poitou, coordinateur des missions au Mali. © Philippe Gouriellec / Planète Urgence |
Trois questions à Louis Marie Poitou, coordinateur des missions au Mali [Fr]
Luce Michel
Planète Urgence (France)
Le 19-11-2009 (Publié sur internet le 24-11-2009)
717 mots
Nous essayons par le biais de nos missions d’apporter un soutien plus individuel aux élèves en difficulté dans les classes.
Luce Michel : En quoi la situation scolaire des enfants au Mali est différente de celle des écoliers français ?
Louis-Marie Poitou : Au Mali, dans les écoles primaires, il y a parfois jusqu’à 140 élèves par classe. Les moins nombreuses ont quand même des effectifs d’une soixantaine d’enfants ! Et il n’y a qu’un seul instituteur pour assurer l’enseignement.
Il n’y a pas non plus assez de manuels scolaires pour tout le monde et souvent, cinq ou six enfants se partagent le même manuel. Ce ne sont donc pas du tout les mêmes conditions qu’en France ! Mais comme en France, l’enseignement est gratuit.
Luce Michel : En quelle langue ont lieu les cours ?
Louis-Marie Poitou : L’école commence au CP, pas avant. Les maternelles n’existent pas. L’enseignement est dispensé en bambara lors des premières années de scolarité, même si le français est langue officielle au Mali. Ce n’est qu’après deux ou trois ans passés à l’école que les enfants apprennent le français.
Quelques chiffres…- Scolarisation primaire : 50% au Mali ; 99,8% en France. Au Mali, les abandons en cours de scolarité sont nombreux et ce sont environ 43% d'élèves qui terminent leur 1er cycle de l'enseignement fondamental.
- Education des filles : Malgré les efforts du gouvernement, leur taux d'accès à l'école est de 54% environ. Il y a beaucoup plus de garçons qui vont à l'école, les filles devant seconder leur mère dans les travaux domestiques, en particulier la corvée d'eau.
- Plus de données sur le site de l'UNICEF
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Il ne faut pas oublier que, dès qu’ils grandissent, les enfants sont sollicités par leur famille pour participer aux corvées : travail de la terre, récolte du bois, prise en charge des enfants plus jeunes… C’est surtout vrai dans les zones rurales. Les filles sont les premières à quitter l’école, pour s’occuper de leurs petits frères ou sœurs. Les garçons sont employés aux travaux de force dans les champs. Cela explique que de beaucoup de monde ne parle pas le français ou ne sache pas correctement lire et écrire.
Luce Michel : Comment Planète Urgence travaille à améliorer les conditions de scolarité de ces enfants ?
Louis-Marie Poitou : Nous essayons par le biais de nos missions d’apporter un soutien plus individuel aux élèves en difficulté dans les classes. Des volontaires français interviennent auprès de petits groupes d’élèves pour les aider dans leur apprentissage de la lecture et de l’expression orale en français. L’instituteur n’a pas les moyens de leur apporter un soutien individualisé. Le volontaire est là pour ça ! Grâce à des jeux, des activités manuelles, des mises en scène, il permet aux élèves de mieux s’exprimer.
Nous aidons aussi sur le plan matériel grâce aux kits scolaires. Ils comportent une ardoise, un cahier, une gomme, une règle, un crayon et des stylos. Nous les distribuons auprès des enfants. Chaque kit coûte 2 euro. Depuis 2004, ce sont près de 55.000 enfants que nous avons ainsi pu aider.
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