Selon les principes et bonnes pratiques pour l’aide humanitaire, les bailleurs de fonds doivent investir dans la prévention et la réduction des risques afin de limiter les coûts humains des catastrophes. © Naresh Newar / IRIN |
Un bilan mitigé pour les donateurs [Fr] [En]
IRIN - Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires (ONU)
Le 10-11-2009 (Publié sur internet le 18-11-2009)
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Les plus riches donateurs n’en font pas assez pour aider les communautés à prévenir et se préparer aux catastrophes, selon DARA International, une organisation à but non lucratif qui publie pour la troisième année consécutive un classement des donateurs en fonction de la qualité et de l’efficacité de l’aide humanitaire qu’ils apportent.
En se fondant sur les principes de l’initiative
Principes et bonnes pratiques pour l’aide humanitaire (good humanitarian donorship, GHD), adoptée en 2003 par les donateurs, l’Indice de réponse humanitaire (Humanitarian Response Index, HRI) évalue la performance des bailleurs de fonds dans l’assistance aux personnes affectées par les crises.
Publié le 10 novembre, le classement pour 2009 indique que le soutien apporté par les pays riches demeure faible malgré la multiplication des conflits et des catastrophes – parmi lesquelles plusieurs sont liées au changement climatique.
Les principes et bonnes pratiques pour l’aide humanitaire insistent sur la nécessité, pour les donateurs, d’investir dans la prévention et la réduction des risques afin de limiter les coûts humains des catastrophes, indique DARA (Development Assistance Research Associates).
D’innombrables vies et moyens de subsistance pourraient être sauvés si la communauté internationale accomplissait un effort concerté pour éviter les souffrances humaines par l’adoption de meilleures mesures de préparation.
Il faut absolument que les bailleurs de fonds procèdent à de sérieux changements dans leurs politiques et leurs pratiques si nous voulons améliorer le soutien accordé à la prévention des catastrophes et aux efforts de réduction des risques à l’échelle de la communauté, indique le rapport.
Ce qui nécessite des fonds supplémentaires, a dit Silvia Hidalgo, directrice exécutive de DARA, à IRIN.
Classements HRI- Norvège
- Suède
- Irlande
- Danemark
- Commission européenne
- Pays-Bas
- Luxembourg
- Suisse
- Royaume-Uni
- Australie
- Nouvelle-Zélande
- Finlande
- Canada
- États-Unis
- Espagne
- Allemagne
- Belgique
- Autriche
- Japon
- France
- Italie
- Grèce
- Portugal
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Selon de nombreux experts humanitaires, la préparation passe souvent entre les mailles du filet du financement – en d’autres mots, ce n’est pas une priorité dans les interventions d’aide d’urgence ou dans le développement à long terme.
Selon Mme Hidalgo, les donateurs doivent créer des fonds de financement plus flexibles afin de permettre l’adoption de mesures de prévention.
À l’heure actuelle, [a prévention] est insuffisante, et c’est l’affaire de tout le monde d’y remédier.
Per Byman, chef de l’équipe humanitaire de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida), est d’accord pour dire que les bailleurs de fonds n’apportent pas suffisamment leur soutien à la préparation aux catastrophes, mais il estime que celle-ci devrait faire partie des programmes de développement.
Le principal défi, c’est de faire en sorte que la préparation aux catastrophes fasse partie intégrante du développement, et non plus de la réponse humanitaire, a dit M. Byman à IRIN.
Il admet que la réduction des risques de catastrophes (Disaster Risk Reduction, DRR) doit être intégrée au travail humanitaire mais, qu’
afin de réduire la pauvreté et d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement, [la préparation aux catastrophes/DRR] doit également faire partie intégrante des programmes de développement et des stratégies de réduction de la pauvreté.
DARA souligne l’absence de soutien des donateurs pour la transition de l’aide d’urgence à la reprise des activités [après une catastrophe] et au développement. Les interventions humanitaires devraient inclure des stratégies à long terme pour l’adaptation au changement climatique et la DRR, indique le classement.
Selon l’organisation, il existe d’autres
lacunes importantes dans la gestion des crises par la communauté internationale. On peut notamment penser à l’accès aux populations à risque et au développement des capacités des organisations locales.
Des conditions difficiles
DARA a évalué les performances de 22 gouvernements donateurs et de la Commission européenne qui, ensemble, ont fourni en 2008, environ 10,4 milliards de dollars américains pour aider quelque 250 millions de personnes affectées par des crises.
Bonnes pratiques- Les crises où les donateurs ont affiché une plus grande adhésion aux bonnes pratiques pour l’aide humanitaire : Timor Oriental, Sri Lanka, Tchad, Géorgie, Colombie et Afghanistan
- Les crises où les donateurs ont affiché une plus faible adhésion aux bonnes pratiques pour l’aide humanitaire : Somalie, RDC, Chine, Territoires palestiniens Occupés et Haïti
- L'Irlande, le Luxembourg, la Norvège et la Suède sont les donateurs les plus généreux en termes d'aide humanitaire proportionnelle au produit national brut
HRI 2009 |
C’est
bien trop peu pour répondre aux besoins humanitaires, estime DARA, en faisant remarquer qu’à elles seules, les Nations unies ont rapporté, fin octobre, un déficit de financement de 3,6 milliards de dollars pour des programmes humanitaires qui viennent en aide à 43 millions de personnes.
D’après l’organisation, la crise économique mondiale a entraîné un
déficit sans précédent. Selon le rapport, les donateurs et les organisations d’aide humanitaire sont confrontés à des conditions de travail de plus en plus difficiles à cause, notamment, d’un accroissement de l’ampleur des catastrophes, de problèmes de sécurité qui limitent leur espace de travail et leur personnel et de coupures budgétaires qui diminuent leurs capacité d’intervention.
L’Indice de réponse humanitaire 2009 classe les bailleurs de fonds en fonction de cinq
piliers : la réponse aux besoins ; la prévention, la réduction des risques et la reprise des activités [après une catastrophe] ; la collaboration avec des partenaires humanitaires ; la protection et la loi internationale ; et l’apprentissage et la responsabilité.
Mme Hidalgo, de DARA, a remarqué certains progrès en matière de coordination.
Les donateurs collaborent plus qu’avant et sont plus ouverts aux entités œuvrant pour la transparence comme le Réseau d’apprentissage actif pour l’obligation de rendre des comptes et la performance dans l’action humanitaire (ALNAP), a-t-elle indiqué.
Mais ils semblent aussi moins renseignés que l’an dernier sur les principes de l’initiative GHD et les moyens de les respecter, a-t-elle ajouté.
Un indicateur fiable ?
Certains bailleurs de fonds ont critiqué l’approche adoptée par le HRI. M. Byman, de Sida, estime qu’il est important d’évaluer les donateurs en se fondant sur les principes de l’initiative GHD, mais que
montrer du doigt n’est pas la meilleure manière de parvenir à ses fins.
Nous préférons régler ces questions dans le cadre de discussions bilatérales ou d’actions conjointes avec l’initiative GHD.
Nous avons des doutes sur la méthodologie employée [pour le classement] et nous nous interrogeons à savoir si le rapport représente bien tous les aspects de l’aide humanitaire.