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Dans les départements de l’Atacora et de la Donga, au Nord-Ouest, à 450 km de Cotonou, on peut voir de magnifiques maisons à étage en forme de grappe appelées tatas en dendi, la langue locale.
© DR
Bénin : une destination touristique à démocratiser [Fr]

Christian Roko
Syfia International (France)

Le 09-01-2009 (Publié sur internet le 29-01-2009)
951 mots


Le Bénin dispose d'un patrimoine touristique de grande qualité, mais encore trop peu valorisé et réservé à une élite. La création d’un fonds national du tourisme en 2006 a permis la rénovation et la promotion de nombreux sites. Il reste cependant beaucoup à faire pour développer un tourisme de masse.

Nous avons lu des prospectus qui présentaient les merveilles du Bénin. C'est pour cela que nous sommes venus ici et nous repartons satisfaits, raconte Bruno, un touriste suisse rencontré à Cotonou. Comme lui, des milliers de touristes, visitent chaque année ce pays d’environ 114 000 km2 situé entre le Togo et le Nigeria. Le Bénin, qui s'étire sur près de 700 km du Nord au Sud, ne manque pas d'attraits, mais commence seulement à tirer parti d'un patrimoine naturel et historique varié et d'une exceptionnelle richesse.

À seulement 18 km au sud de la capitale, Ganvié, village traditionnel de pêcheurs construit sur pilotis, est un site lacustre unique. C’est un paradis touristique qui s’impose au monde avide de découvertes, s'enthousiasme une Française. Dans les départements de l’Atacora et de la Donga, au Nord-Ouest, à 450 km de Cotonou, le parc national de la Pendjari et la zone de Porga attirent les passionnés d'animaux et de chasse. Dans ces régions qui regorgent aussi de cascades, on peut voir aussi de magnifiques maisons à étage en forme de grappe appelées tatas en dindi, la langue locale. Au centre du pays, le célèbre musée d’Abomey présente des collections d’objets splendides : trônes et bijoux princiers. Les palais royaux sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1982.

Des recettes en forte hausse

Jusqu'à ces dernières années, seule une minorité de touristes avait accès à ces merveilles, uniques au monde pour certaines. L'absence de libertés d’opinion et de circulation des années 1980, sous le régime marxiste de Mathieu Kérékou, avait dissuadé les visiteurs et plongé le tourisme dans une profonde léthargie.

Les choses commencent à changer à en juger par les statistiques officielles : les recettes touristiques ont presque doublé en dix ans : de 18,8 milliards de Francs (28,66 millions d'€) en 1997, elles sont passées à 35 milliards de francs CFA (53,35 millions d'€) tandis que le nombre global de visiteurs a progressé de 23 % (de 150 à 185 000). Une dynamique se met en place apprécie Epiphane Assou, directeur de la promotion touristique. La création à la veille de l'an 2000 de deux directions, promotion et développement touristique, au sein du ministère du Tourisme et la nouvelle volonté politique de faire de ce secteur un des moteurs de l’économie béninoise ont contribué à la relance de cette activité qui donne aujourd'hui du travail à 70 000 personnes.

À côté du tourisme d'agrément qui draine une clientèle internationale se développe un tourisme d’affaire, en particulier à Cotonou où se trouve la quasi-totalité des hôtels de luxe du pays. Sur les 185 000 visiteurs enregistrés en 2007, près de 150 000 proviennent de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Côte d'Ivoire, Togo, Burkina). Au-delà des affaires, ce qui me fascine et me ramène au Bénin, c’est la paix sociale, la chaleur des habitants et la sympathie des plages, confie Daouda, un commerçant burkinabé. Les autres sont en majorité européens, français en particulier. C’est le cas de Cabrini, un Italien arrivé au Bénin pour, dit-il, chasser et prendre un bain de soleil.

Une image à changer

Beaucoup reste à faire pour développer les multiples possibilités d’évasion qu'offre le Bénin. Depuis une décennie, le pays stagne en 5e position en terme de nombre d’arrivées par pays en Afrique de l’Ouest derrière le Sénégal, le Burkina Faso, le Ghana et le Nigeria. Une situation qui se justifie par une insuffisance de promotion et surtout de professionnalisme, estime un cadre du ministère. Pour progresser dans le classement, le gouvernement a lancé en 2006 un Fonds national de développement et de promotion touristique (FNDPT) qui a déjà à son actif plusieurs actions de promotion à l'étranger. M. Sahgui de la direction des études et stratégies du FNDPT évoque notamment la réalisation d’un film sur le potentiel touristique et culturel du Bénin. Des copies ont été déposées pour diffusion à plusieurs chaînes internationales lors du festival Tourisme Africa 2006, tenu à Genève’, précise-t-il. De grandes affiches publicitaires titrant Bénin : la beauté au naturel ou encore Bénin : splendeurs du Nord sont désormais visibles dans les directions touristiques et les ambassades. La participation aux foires et l’organisation en 2007 du premier Salon international du tourisme, de l’écotourisme et de l’hôtellerie de Cotonou (SITECO), enfin, a été une réussite. Depuis, le tourisme béninois est de plus en plus connu et nos hôtels plus fréquentés, assure un hôtelier.

Les structures pour un tourisme de masse international restent cependant insuffisantes. Pour changer de cap et attirer une clientèle locale et internationale moins élitiste, le pays mise sur le projet de la Route des Pêches lancé par l’État. Cet ambitieux programme transformera quelque 32 km de côte en une véritable cité touristique dotée de 2 000 chambres, de centres commerciaux et de villages vacances. Toutes les études s’accordent sur la faisabilité, mais sa concrétisation n'est prévue que pour 2018.
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e.
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Les commentaires...
Touriste solidaire
20-02-2009
09:16:12
Je ne pense que les pays où seulement le tourisme de masse domine sont plus heureux que le Bénin. Ici la possibilité existe pour ceux qui le veulent vraiment de goûter à l'exotisme et je ne crois pas que vous ayez envie que cela change! Encore que le tourisme à Ganvié (pour citer votre exemple) est le prototype d'un renversements des normes socioculturelles dans le cadre d'un tourisme de masse mal organisé! Les populations ne sont pas heureuses et ne bénéficient guère des retombées économiques de ce tourisme qui nous est vendu à grands coups de pubs. La Route des Pêches : en voilà une qui j'espère bien ne verra jamais le jour! Avez-vous penser à ces familles de pêcheurs qui vivent là depuis des décennies et qui ont donné son nom à la Côte?

Et les hôtels, font-ils tous le plein au même moment et sur quelle durée? Ils sont vides la moitié de l'année !

Le tourisme comme vous pensez le développer dans cet article ne sera qu'une 2è consommation du Monde par l'Occident ! et NOUS disons NON à cela !

Et puis, tata n'est pas en dendi ! c'est l'abréviation du mot otammari "tatchienta" qui veut dire "la maisonée"...
Sisi
19-02-2009
19:40:23
Pourquoi refaire encore les mêmes erreurs ? Le tourisme solidaire est un excellent vecteur de développement local et les béninois n'ont nullement besoin de grands groupes hôteliers pour faire apprécier le pays et de multiples initiatives locales sont plutôt à valoriser. Certes il y a beaucoup à faire pour sauvegarder le patrimoine mais en ayant une démarche intelligente et respectueuse... Les pêcheurs de la route des pêches sont-ils d'accord avec ce projet qui va dénaturer leur territoire, raser leurs cases ? Comment peut-on encore aujourd'hui parler de tourisme de masse ? Peut-être cela donnera-t-il une fois de plus un ''éléphant blanc'' comme disent les béninois ! Je suis par ailleurs assez déçue de lire ce genre d'article dont le ton semble encourager cette forme de tourisme...
Encourageons les initiatives locales ! Là il y a urgence !
Tatasomba
18-02-2009
21:18:10
Pourquoi développer le tourisme de masse qui va dénaturer la route des Pêches ? Le tourisme solidaire respectueux des cultures et de la nature est en pleine expansion dans ce pays. C'est un pays encore très authentique alors un peu d'imagination et surtout pas de constructions qui enlaidissent le paysage et les esprits!
Eco-benin
18-02-2009
20:13:43
Cet article est bien et participe à la promotion du tourisme béninois. Cependant, je pense que le titre n'y colle pas trop; je sugere ''Bénin : une destination touristique à promouvoir et à professionnaliser'' comme l'a souligné un cade du Ministère dans l'article. je ne vois pas ce qu'il y a de non démocratique pour la destination Bénin. Aussi, si nous plaidons depuis 2006 (www.beninecotourismroundtable.org) pour que l'écotourisme trouve une bonne place dans la politique du tourisme au Bénin, il n'est plus réaliste de parler de la promotion du tourisme de masse pour le Bénin. D'ailleurs, le Bénin ne s'y prête pas trop. le Bénin reste plutôt une destination de niches. C'est pour cela que nous avons plaidé afin que l'écotourisme occupe une place de choix dans le salon de tourisme de Cotonou que j'ai coordonné: www.sitehco.org.

Concernant le projet Route des pêches, je pense que s'il faut attendre 2018 pour que le Bénin développe son tourisme, c'est du rêve. ce projet ne cadre pas aux réalités de la destination Bénin. On ferait mieux de développer de petits projets plus réalistes et plus concrets focalisés sur notre patrimoine culturel et naturel.

Pour plus d'infos sur Eco-Benin, www.ecobenin.org
Voyageurs responsables
17-02-2009
21:53:10
Voyageons-Autrement présente les acteurs du tourisme responsable. des partenaires du portail proposent la destination du Benin !
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