Le dalaï-lama a tenu une conférence de presse, dimanche 23 novembre, à Dharamsala, après avoir déclaré, lors d'un rassemblement des Tibétains en exil, qu'il avait ''récemment perdu de plus en plus confiance dans les autorités chinoises''. © Altaf Qadri |
Le dalaï-lama juge la communauté tibétaine ''en grand danger'' [Fr]
Le Monde (France)
Le 23-11-2008 (Publié sur internet le 03-12-2008)
385 mots
La communauté tibétaine est ''en grand danger'' faute de stratégie, a averti, dimanche 23 novembre, le dalaï-lama, qui a aussi reconnu avoir perdu toute confiance dans les autorités chinoises après l'échec d'années de négociations sur le statut du Tibet.
J'ai récemment déclaré que ma confiance dans les autorités chinoises s'amenuisait, a-t-il ainsi déclaré lors d'un rassemblement de la communauté tibétaine à Dharamsala,
capitale depuis 1959 du gouvernement en exil, située dans le nord de l'Inde. Ce type de consultation, où quelque 550 exilés tibétains débattaient depuis une semaine sur l'avenir de leur lutte, était sans précédent.
Dans les vingt prochaines années, si nous ne prenons pas garde à nos actes et à notre stratégie, alors la communauté tibétaine est en grand danger, a prévenu le dignitaire bouddhiste, âgé de 73 ans, qui a appelé à des
projets innovants pour les Tibétains.
Alors qu'une frange des exilés tibétains aspirait à une radicalisation de la lutte contre la domination chinoise, l'option d'un possible durcissement - l'indépendance du Tibet plutôt qu'une simple autonomie - a été écartée. Un consensus s'est en fait dégagé parmi les délégués pour s'aligner sur la ligne conciliante prônée par le dalaï-lama, qui a renoncé à revendiquer l'indépendance, sachant que la Chine ne reviendra jamais sur sa souveraineté sur le Tibet qu'elle contrôle depuis 1951. Le chef politique et spirituel tibétain a ainsi choisi une diplomatie dite de la
voie moyenne consistant à réclamer une large
autonomie culturelle.
La majorité s'est prononcée pour poursuivre la politique de la 'voie moyenne' du compromis avec Pékin sur le statut de la province autonome chinoise, avait déclaré, samedi, le président du Parlement tibétain en exil, Karma Chophel. Mais
un certain nombre [d'exilés] ont déclaré que si la 'voie moyenne' ne donnait pas de résultats dans un avenir proche, alors le peuple tibétain sera contraint de modifier sa position en vue d'une totale indépendance ou d'une exigence d'auto-détermination, a cependant prévenu Karma Chophel.