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Le coordinateur pour l'Afrique de l'AMCP, Zoungrana, a affirmé que 7,5 millions d'Africains ont pris part à la Campagne 'Debout' l'année dernière; il espérait que trois ou quatre fois ce nombre participerait à l'édition de cette année. © DR |
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AfriqueLes dirigeants ne peuvent pas fermer leurs oreilles [Fr]
Terna Gyuse
IPS - Inter Press Service (Afrique du Sud)
Le 21-10-2008 (Publié sur internet le 04-11-2008)
Il y a huit ans, les dirigeants de 189 pays ont pris l'engagement de travailler dans le sens de la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), en éliminant l'extrême pauvreté d'ici à 2015. La Campagne 'Debout et agissez' mobilise des millions de personnes à travers le monde pour faire pression afin que cela devienne une réalité.
Cette campagne est organisée par l'Appel mondial contre la pauvreté (AMCP), une coalition mondiale d'organisations non gouvernementales (ONG), de syndicalistes, de groupes religieux, d'organisations de femmes et de jeunes, et d'autres.
En Afrique, des coalitions des groupes de la société civile ont organisé, du 17 au 19 octobre, des manifestations, notamment des conférences, des concerts et des caravanes; des marches, une plantation d'arbres, un lancement de programmes de crédit et de prière dans 20 pays.
A mi-chemin de 2015, aucun des pays africains de la coalition n'atteindra tous les OMD. C'est une grande préoccupation pour nous, a déclaré le coordinateur pour l'Afrique de l'AMCP, Christophe Zoungrana.
Lors du récent événement de haut niveau sur les OMD à New York en septembre, nous n'avons entendu aucun nouvel engagement, mais (des pays développés) ont plutôt déclaré qu'ils s'engageaient de nouveau, ce qui signifie que nous ne sommes vraiment pas optimistes que beaucoup de choses seront réalisées.
Zoungrana a souligné que toute réduction de l'aide au développement est préoccupante; l'AMCP demande d'autres mesures et une justice commerciale plus grande en vue d'améliorer l'accès de l'Afrique aux marchés internationaux. Il a ajouté qu'il y avait également beaucoup de travail à faire à l'intérieur du continent.
Nous pensons que les pays africains doivent travailler pour mobiliser des ressources internes en vue de soutenir des activités de développement.
Concernant la corruption, il a indiqué que les Africains doivent prendre le leadership en s'assurant que l'argent sera investi là où il devrait l'être.
Avant le lancement de l'AMCP, très peu de personnes étaient informées sur les OMD. En mobilisant des gens à se lever, nous contribuons à ce que de plus en plus d'Africains sachent que des dirigeants se sont engagés à éradiquer la pauvreté dans le monde.
Mobilisation à travers le continent
A l'Ile Maurice, le correspondant de IPS, Nasseem Ackbarally, rapporte que la campagne 'Debout' a impliqué une grande variété de personnes et de classes sociales -- quoique séparément.
Une réunion officielle organisée par le 'Fonds en fidéicommis pour l'intégration sociale des groupes vulnérables' samedi dernier a invité des politiciens et des officiels du gouvernement en grand nombre pour parler de la pauvreté aux riches.
Ailleurs, le Congrès des syndicats de l'Ile Maurice (MTUC) a présenté une manifestation mettant en vedette un sketch théâtral sur les effets de la pauvreté. Le président de l'AMCP, Pradeo Buldee, a déclaré à IPS que la pauvreté affecte de plus en plus de Mauriciens puisque les prix du pétrole et des denrées alimentaires demeurent élevés.
Buldee a cité l'exemple des agriculteurs de ce pays insulaire, qui se battent pour survivre face aux coûts élevés des intrants agricoles, en particulier des engrais.
Un sac de 50 kilogrammes d'engrais qui était vendu à 300 roupies, il y a deux ans, coûte maintenant 1.500 roupies (près de 50 dollars). Imaginez. Comment les agriculteurs peuvent-ils gérer cette situation?
Il a réclamé des subventions pour soutenir des agriculteurs, tout en attribuant une partie de la responsabilité des niveaux de pauvreté de l'Ile Maurice à
la politique économique néo-libérale du gouvernement, dictée par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Nous sommes les très bons étudiants de ces deux institutions financières internationales qui nous poussent dans la pauvreté, a-t-il dit.
Juste à l'extérieur de la capitale, Port-Louis, une ONG locale appelée SOS Pauvreté est allée au-delà du fait de se lever et a agit en lançant une coopérative de crédit mutuel pour les femmes pauvres à Vallée Pitot, le 17 octobre. Selon le coordinateur de SOS Pauvreté, Yousouf Dauhoo, une centaine de femmes ont reçu l'argent de semence -- à partir des fonds mobilisés dans la région -- pour participer au projet qui accordera des prêts à bas taux ou sans d'intérêts à ses membres.
Une fois qu'elles deviendront membres de cette coopérative, nous les encouragerons à épargner n'importe quelle somme pour être en mesure de bénéficier du fonds plus tard. Elles pourront emprunter de petits montants pour financer l'éducation de leurs enfants ou pour démarrer une petite affaire à la maison.
En Afrique du Sud, des difficultés organisationnelles ont conduit à une participation limitée en vue de la présentation d'un mémorandum à la nouvelle administration de Kgalema Motlanthe dans les Bâtiments de l'Union dans la capitale, Pretoria.
Caitlin Blaser, de l'AMCP d'Afrique du Sud, a déclaré à Zahira Kharsany de IPS que même si l'économie sud-africaine avait connu une croissance économique substantielle, les pauvres dans le pays n'en ont pas profité.
Une coalition comprenant le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU), le Conseil des églises sud-africaines (SAAC) et la Coalition des organisations non gouvernementales sud-africaines (SANGOCO) a exhorté le gouvernement à garantir des prêts pour l'appui aux enfants et à s'assurer que tous les enfants en dessous de 18 ans seront soutenus. La coalition a également appelé l'Etat à éliminer la taxe sur la valeur ajoutée sur une gamme plus variée de produits alimentaires, et à supprimer les frais de consommation sur l'eau.
Des marches et d'autres manifestations ont eu lieu à travers le pays, notamment à Durban, au Cap et à Bloemfontein.
Au Zimbabwe, le journaliste de IPS, Ephraim Nsingo, a indiqué que la principale manifestation de la campagne du 17 octobre, un rassemblement à Chitungwiza, près de la capitale Harare, a été reportée lorsque les organisateurs sont apparemment allés trop tard pour demander l'autorisation de la police. La signature de l'accord de partage du pouvoir du 15 septembre n'a pas encore conduit à l'assouplissement des lois restrictives sur les rassemblements publics, ce qui constitue un défi à la mobilisation populaire.
Toutefois, des marches impliquant des résidents et des écoliers ont été notées dans d'autres parties de Harare. Un concert géant en plein air a également rassemblé des milliers de personnes dans la capitale.
Mwaura Kaara, de la Campagne du millénaire des Nations Unies au Kenya, a déclaré à IPS :
Nous devons prendre maintenant des mesures urgentes et inspirées, pour rappeler à nos gouvernements que nous espérons qu'ils nous délivrent. C'est pourquoi, cette année, nous mettons l'accent sur des actions spécifiques à chaque pays pour soutenir la réalisation des objectifs du millénaire. Des millions de personnes se lèveront et agiront, sur le plan local, national et mondial.
Le coordinateur pour l'Afrique de l'AMCP, Zoungrana, a affirmé que 7,5 millions d'Africains ont pris part à la Campagne 'Debout' l'année dernière; il espérait que trois ou quatre fois ce nombre participerait à l'édition de cette année. Un grand nombre de personnes ont pris part à des marches et à des concerts au Caire, à Lagos, à Harare et ailleurs.
Evaluant l'impact que cette campagne a eu jusqu'ici, il a dit que
Vous ne pouvez défendre quelque chose que lorsque vous en êtes conscients. L'année dernière en Afrique, nous avons mobilisé 7,5 millions de personnes. Cette année, nous envisageons de tripler ou de quadrupler ce nombre. La campagne offre également l'opportunité aux groupes marginalisés tels que les femmes et les jeunes de s'exprimer.
Nous croyons que les effectifs sont importants. Si plusieurs personnes se lèvent, les dirigeants ne fermeront pas leurs oreilles. Ils sont élus pour réaliser ce que le peuple leur demande de faire.
*Avec les reportages de Joyce Mulama à Nairobi; Nasseem Ackbarally à Port-Louis; Ephraim Nsingo à Harare; Zahira Kharsany à Pretoria.