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Début juillet, Monsanto achetait Cristiani Burkard, une entreprise qui contrôle 80% du marché des semences en Amérique centrale. Un achat qui inquiète de nombreuses ONG et associations de petits producteurs. © DR |
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EconomieNicaragua : la difficile résistance des paysans face aux OGM [Fr]
Isolda Agazzi
Info Sud (Suisse)
Le 21-10-2008 (Publié sur internet le 04-11-2008)
Monsanto vient d’acheter la plus grande usine productrice de semences d’Amérique centrale. Au Nicaragua, la résistance des petits paysans s’organise. Swissaid, qui fête cette année ses 60 ans, leur vient en aide.
Début juillet, le géant agroalimentaire Monsanto complétait l’acquisition de Cristiani Burkard, une entreprise basée à Guatemala City qui contrôle 80% du marché des semences en Amérique centrale. Un achat passé presque inaperçu de ce côté de l’Atlantique, mais qui inquiète de nombreuses ONG et associations de petits producteurs.
A commencer par
Swissaid, dont la coordinatrice au Nicaragua, Lucia Aguirre, était de passage en Suisse la semaine passée.
Pour l’instant, il n’y a pas d’OGM au Nicaragua, mais la pression des entreprises et de Monsanto est très forte. Le gouvernement a dit qu’il n’est pas favorable aux OGM, mais nous n’avons pas de cadre légal pour nous y opposer. La loi sur la bio-sécurité, qui règle l’entrée des OGM et nomme l’instance chargée de les réguler, n’a pas été approuvée par le parlement. Elle est prête, mais les deux partis majoritaires ont d’autres priorités.
Pourtant, le Nicaragua a signé le protocole de Carthagène, qui oblige les pays à adopter des lois de bio-sécurité et exige leur autorisation préalable à l’entrée de produits et semences transgéniques.
Société civile dans une situation difficile
Pour les associations, il est très difficile d’essayer de changer le cours des choses. Depuis l’élection de Daniel Ortega à la présidence, en janvier 2007, leur situation est devenue très incertaine.
Les opinions divergent sur le rôle de la société civile, relève Lucia Aguirre. Le gouvernement estime que les organisations devraient se limiter à mettre en œuvre des projets productifs, à s’occuper de santé et d’éducation. Mais sans exprimer d’opinion politique ! Il y a un vif débat autour de la question de savoir si et comment la société civile et les mouvement sociaux ont le droit de surveiller l’activité du gouvernement.
Mais la coordinatrice de
Swissaid refuse de parler d’entraves à la liberté d’association. Même si elle concède à demi mots que la restriction de l’espace public est réelle :
On a retiré la personnalité juridique à plusieurs associations et partis politiques et seuls deux d’entre eux vont pouvoir participer aux élections municipales de novembre. Elle admet qu’un processus de révision et contrôle des organisations est bien en cours, qui touche surtout le mouvement des femmes.
Swissaid aide les petits paysans
Dans ce cadre peu favorable, que fait
Swissaid, l’une des principales et plus anciennes ONG suisses – elle fête ces jours ses soixante ans ?
Nous travaillons avec des familles paysannes pauvres et de petits producteurs. Nous les aidons à diversifier leur production et à s’orienter vers le bio, afin d’assurer leur sécurité et souveraineté alimentaire et de générer des revenus.
L’organisation travaille surtout avec les femmes et les jeunes ruraux.
Nous voulons renforcer l’identité paysanne et lutter contre l’exode rural. Nous apprenons aux jeunes le bio, à utiliser un fonds de crédit et essayons de leur transmettre des valeurs différentes, comme l’égalité de genre et l’importance de la santé reproductive. C’est un problème sérieux : au Nicaragua, 1/3 des grossesses sont le fait d’adolescentes.
Et avoir élu un ancien sandiniste à la présidence, cela a-t-il amélioré la situation des plus démunis ?
Daniel Ortega fait preuve d’une plus grande sensibilité aux problèmes de la majorité de la population, comme la santé et l’éducation. Le gouvernement a une réelle volonté de se concentrer sur les secteurs les plus défavorisés. Mais il est trop tôt pour faire un bilan conclut Lucia Aguirre.
L’IFEX et RSF dénoncent le harcèlement politique et judiciaire de certaines ONG au Nicaragua
Dans une alerte publiée hier [lundi 20 octobre 2008], Reporters sans Frontières et l’IFEX (Echange international de la liberté d’expression), protestent contre la procédure ouverte pour malversation et blanchiment d’argent contre dix-sept organisations, en particulier le Mouvement autonome des femmes, présidé par la journaliste Sofia Montenegro et le Centre d’investigation de la communication, dirigé par Carlos Fernando Chamorro. Ces deux personnes ont fait l’objet d’une violente campagne de dénigrement et de calomnie de la part de l’entourage proche du président Daniel Ortega. Le 8 octobre 2008, le ministère public a menacé de les incarcérer si elles ne se rendaient pas à une nouvelle convocation. Nous redoutons que les conséquences de cette affaire ne mettent en péril le droit de s’informer et le droit de s’associer, deux libertés constitutionnelles fondamentales s’inquiète RSF. |