Untitled Document
2
 
Scooper cet article !
Wikio !
Digg!
Reddit!
Google!
Facebook!
Del.icio.us!
Live!
Blogmarks!
Yahoo!
La ville de Fribourg, en Allemagne, a développé des ''éco-quartiers'' économes en énergie et utilisant l'énergie solaire. Transports collectifs et vélo y sont favorisés et la vie associative y est intense.
© Frédérick Florin
Terre
L'environnement pourrait tirer bénéfice de la crise économique [Fr]

Hervé Kempf
Le Monde (France)

Le 21-10-2008 (Publié sur internet le 23-10-2008)


Le trafic aérien ralentit, les ventes d'automobiles diminuent : la contraction de l'activité économique devrait mécaniquement réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Dans le même ordre d'idées, le ralentissement de l'immobilier va freiner l'étalement urbain ; des projets d'infrastructures détruisant des écosystèmes naturels pourraient être remis en cause du fait de leur mauvaise rentabilité ; le cours du soja chute et la réduction du prix des matières premières va réduire la pression sur la forêt, comme l'a observé Carlos Minc, le ministre brésilien de l'environnement.

Pour les économistes et les experts de l'environnement interrogés par Le Monde, l'effet bénéfique de la crise sur l'environnement est réel. Mais si la crise va entraîner une moindre consommation, cela repoussera le problème, cela ne le résoudra pas, dit Sylvie Faucheux, de l'université de Versailles. De même, Nicholas Stern, de la London School of Economics, auteur de l'important rapport sur les conséquences économiques du changement climatique (publié en novembre 2006), estime que deux à trois ans de faible croissance des émissions de gaz carbonique ne changent pas beaucoup la donne. Le vrai objectif est de passer à une croissance qui émet peu de CO2.

Un effet pervers pourrait même être que, comme en 1973, la crise fasse oublier la préoccupation écologique, remarque Jean-Marie Harribey, de l'université de Montesquieu-Bordeaux-IV, et vice-président de l'organisation non gouvernementale ATTAC.

Or, rappelle Christian Coméliau, de l'Institut universitaire d'études du développement, à Genève, les crises écologique, pétrolière et alimentaire ne s'arrêtent pas parce qu'il y a une crise économique. Un rappel en a été récemment fait par Pavan Sukhdev, économiste de la Deutsche Bank, dont l'étude sur l'économie des systèmes naturels a estimé entre 2.000 et 5.000 milliards de dollars par an la perte annuelle des services rendus par la nature, perte due à la destruction des écosystèmes.

Il y a un enseignement à tirer de la crise financière, dit Nicholas Stern. Si nous ignorons les risques qui se développent dans un système, nous finissons par des troubles graves. C'est une leçon très puissante pour le changement climatique, dont les conséquences, si l'on n'agit pas, seront beaucoup plus grandes que la crise actuelle.

Un autre aspect observé dans la crise est la question sociale : S'il y a récession et ralentissement de la production, cela permettra une moindre pression sur l'environnement, remarque Benjamin Grebot, un expert du mouvement Utopia. Mais ce sera subi, pas choisi, et ce seront les plus modestes qui en paieront les premiers les conséquences.

Tout le monde ne sera pas frappé de la même manière, confirme Jean-Marie Harribey, cela implique la remise en cause de la répartition des revenus. Pour Sylvie Faucheux, on est arrivé aux limites de la décence en ce qui concerne la répartition des richesses. Les économistes libéraux ont oublié que leurs ancêtres, Smith, Ricardo, insistaient autant sur la question de la répartition que sur celle de la production.

Un accord général se fait sur l'idée que la crise peut être une chance si elle permet de repenser le mode de développement, selon l'expression de Jean-Marie Harribey. S'il n'y a pas une prise de conscience généralisée par les responsables politiques des pays occidentaux de la nécessité de changer de manière radicale, explique Sylvie Faucheux, ce sera la mort du système dans quelque temps, parce qu'il y aura un retour de bâton qui sera soit social soit environnemental.

Deux voies de solutions se dessinent, l'une plus technologique, l'autre plus sociale. La première est défendue par Nicholas Stern, pour qui nous devrions investir dans des infrastructures permettant de produire l'électricité autrement, dans des bâtiments plus efficaces énergétiquement, afin de passer à une économie émettant peu de carbone. Il poursuit : Il y a une opportunité énorme de tels investissements, probablement de mille milliards de dollars par an dans les vingt prochaines années. Cela aidera à sortir de la récession et aidera donc à résoudre le problème de la distribution.Mais, comme l'observe Christian Coméliau, la croissance est mise en cause, parce que le poids de la crise financière ajoute au facteur écologique un élément de blocage.

Plutôt que la recherche d'une rupture technologique, la seconde voie privilégie la modification des régulations du système économique : Il faut, dit Jean-Marie Harribey, élargir la sphère non marchande, à l'impact environnemental généralement bien plus faible : la santé, l'éducation en sont les deux piliers.

En tout cas, estime Benjamin Grebot, l'occasion est là pour se reposer la question du système actuel, qui vise la rentabilité à tout prix, sans s'interroger sur l'environnement. Il ne s'agit pas de sortir de l'économie de marché, mais de l'organiser autrement.
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e.
Elles ne reflètent pas nécessairement les vues de Planète Urgence.
Vous aussi, réagissez à cet article!*
Pseudo
E-mail (1)
Titre (2)
Texte (3)
Suite à la multiplication des commentaires automatiquement envoyés par des robots, nous vous remercions de bien vouloir retaper le nombre ci-dessous avant de confirmer l'envoi de votre réaction à l'article.
* Les modérateurs de Planète Urgence se reservent le droit, a priori et a posteriori, de publier ou de rejeter tout ou partie de votre réaction.
1. Votre adresse e-mail ne sera pas diffusée
2. 150 caractères maximum
3. 2.000 caractères maximum
Envoyer cet article à un-e ami-e...
Votre nom
Votre mail
Son mail
Aussi, dans la rubrique "Terre"...
Une meilleure protection pour les éléphants, les tigres, les dauphins et les tortues [Fr] [En]
IFAW - Fond International pour la Protection des Animaux (Monde) - 05-12-2008
Récifs coralliens, le compte à rebours est en marche... [Fr]
Planète Urgence (France) - 09-12-2008
Le charbon : richesse et malheur [Fr]
RFI - Radio France Internationale (France) - 01-12-2008
Les commentaires...
Yolla
24-10-2008
13:00:57

Nous devrions prendre exemple sur ces sociétés dites primitives qui vivent dans les forêts et adapter nos mentalités sur les leurs... Nous ne pouvons pas vivre comme ces sociétés, nous avons évolué depuis trop longtemps différemment, mais nous devrions abandonner notre course à la richesse qui n'a rien à voir avec le confort...
Champilouis
24-10-2008
09:22:53

Si nous mangions des produits locaux: viandes,légumes fruits et de saison; pas de transport, peu de serres: que de CO2 économisé.

Malheureusement, beaucoup moins de profits pour les distributeurs qui sont en ce moments les plus importantes puissances financières. Elles n'accepteront jamais de réduire leurs marges pour payer correctement les producteurs locaux. Il faut absolument taxer le CO2 sur les produits de consommation...
Infos de la Planète - Abonnez-vous & invitez vos ami-e-s
Rechercher un article
Je souhaite attribuer ce don...



20 eco-gestes pour les citoyens
Les différents eco labels : lequel choisir pour être sûr d’acheter vert ?
Flux
Ressources
Dossiers thématiques
15 derniers articles
publicités
| Mentions légales | Recommander ce site | Ajouter à mes favoris | FAQ Missions | Nous contacter | Recrutement |
© Planète Urgence 2000-2009