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La nature à court terme de l'aide au développement signifie qu'elle n'aide pas les pays à payer les coûts récurrents tels que les salaires des professionnels de la santé [en photo : l'hôpital de Lomé, capitale du Togo]. © DR |
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SantéEurope : L'incapacité d'augmenter l'appui médical pour l'Afrique [Fr]
David Cronin
IPS - Inter Press Service (Afrique du Sud)
Le 30-09-2008 (Publié sur internet le 14-10-2008)
Presque deux ans après que l'Union européenne (UE) a décidé d'augmenter ses efforts pour régler le problème de la pénurie de médecins et d'infirmiers dans les pays pauvres, ses propres fonctionnaires ont trouvé ses progrès peu satisfaisants.
En décembre 2006, les gouvernements de l'UE ont approuvé un 'programme d'action' pour assurer qu'un nombre plus élevé de professionnels de la santé qualifiés soient disponibles pour traiter les pauvres du monde.
Mais une nouvelle évaluation faite par la Commission européenne, l'organe exécutif de l'UE, estime que c'est impossible de dire si le niveau de financement pourvu pour atteindre cet objectif a augmenté depuis lors, parce que les gouvernements de l'UE n'ont pas fourni assez de données. Elle se plaint également du fait que la plupart des activités importantes financées par l'union sont poursuivies de
manière mal coordonnée, ce qui va à l'encontre du plan de 2006 et d'autres engagements généraux selon lesquels l'aide devrait être plus efficace qu'elle ne l'a été dans le passé.
Bien que le document indique que la Suède canalise son aide au Mali à travers un partenariat avec les Pays-Bas, il montre que quelques autres exemples d'une telle coopération concrète entre des donateurs de l'UE peuvent être identifiés.
Il est nécessaire de coordonner l'assistance de l'UE dans la santé, en vue de minimiser à la fois le chevauchement et des actions séparées et aussi d'éviter de mettre un accent particulier sur certains pays tout en négligeant d'autres avec des besoins similaires, indique le rapport, qui est basé sur des données provenant de 18 des 27 pays de l'UE.
Ce
déséquilibre est spécialement frappant dans certaines parties de l'Afrique, ajoute le document.
Le papier énumère 10 pays africains où plusieurs gouvernements de l'UE soutiennent des projets de santé dans la même localité, soulignant que d'autres détails sont nécessaires pour évaluer si ces projets se complètent ou s'ils impliquent un doublon inutile.
D'autre part, plusieurs pays africains reçoivent seulement d'un seul gouvernement de l'UE une aide qui cible spécifiquement leur secteur de la santé. Au nombre de ceux-ci, figurent le Burundi, la République centrafricaine, la Guinée, l'Erythrée, le Gabon, le Ghana, la Guinée-Bissau, la Côte d'Ivoire, le Liberia, Madagascar, Sao Tome, le Sénégal, la Somalie, et le Togo.
Les conséquences des pénuries de soins de santé en Afrique ont été expliquées clairement à la conférence internationale sur le SIDA, tenue à Mexico le mois dernier. Il a été rappelé aux participants à cet événement que 54 pour cent de postes d'infirmiers dans les centres médico-sociaux publics du Lesotho sont vacants. Pendant ce temps, le Malawi a moins de 100 médecins formés pour traiter les personnes vivant avec le SIDA. Par conséquent, 140.000 personnes qui sont séropositives ne reçoivent aucun traitement; ceci représente environ la moitié de tous les porteurs du virus qui ont besoin de médicaments essentiels pour survivre.
Un problème majeur identifié par la commission est que la nature à court terme de l'aide au développement signifie qu'elle n'aide pas les pays à payer les coûts récurrents tels que les salaires des professionnels de la santé.
Pour remédier à cette situation, la commission propose qu'une partie de l'aide de l'UE soit donnée sous la forme d'un 'contrat' destiné à aider à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies. Nombre des huit objectifs ont une composante sanitaire telle que réduire l'incidence des maladies majeures, améliorer la nutrition et permettre aux mères d'accoucher sans risques.
Le
contrat des OMD préconisé par la commission vise à fournir des financements fiables sur une période de six ans. Ce serait le double aussi longtemps que la durée de la plus grande partie de 'l'appui budgétaire' concordera, en vertu duquel l'organe exécutif de l'UE fournit de l'aide directement dans les coffres nationaux des bénéficiaires.
La commission avait espéré finaliser le travail sur la proposition du contrat des OMD au cours de 2007, mais elle ne l'a pas encore achevé.
Un fonctionnaire de l'UE travaillant sur les questions d'aide au développement a dit que les retards pouvaient être attribués à la nature novatrice du concept.
Ceci est une chose très importante, a déclaré le fonctionnaire.
L'Europe est la première à suggérer cette idée, bien que vous pensiez qu'elle aurait pu être inventée plus tôt. Il n'est pas facile de se mettre ensemble.
Bien que des activistes anti-pauvreté aient accueilli le principe de fournir un appui durable, ils ont exprimé des doutes quant à la petite empreinte dans les documents internes de la commission soulignant la manière dont le contrat devrait fonctionner. Parce que ces documents indiquent qu'il ne se limitera pas à la santé et à l'éducation, mais qu'il pourrait être utilisé pour améliorer le climat d'investissement dans des pays pauvres ou pour relancer leur stabilité macroéconomique, certains activistes craignent que les besoins des systèmes de soins de santé puissent être négligés.
Mirjam van Reisen, directrice de 'Europe External Policy Advisors', une organisation qui surveille la contribution de l'UE pour la lutte contre la pauvreté, a affirmé que les indicateurs devraient être formulés pour montrer que ce contrat sera vraiment bénéfique aux hôpitaux et aux centres médico-sociaux.
Prétendre que le contrat des OMD contribuera à avoir plus de professionnels de la santé et d'enseignants est une visée lointaine, a-t-elle souligné.
L'une des raisons fondamentales pour lesquelles l'Afrique a une pénurie de médecins et d'infirmiers est que les diplômés en médecine ont dû émigrer dans le but de gagner un salaire décent. Au Malawi, les infirmiers gagnent seulement trois dollars par jour.
Manto Tshabalala-Msimang, ancien ministre sud-africain de la santé, a accusé, l'année dernière, l'UE de priver son continent des médecins à travers son programme de la 'Blue Card' (Carte bleue) pour attirer des travailleurs migrants hautement qualifiés.
La commission a répondu en disant que ce programme, qui s'appliquerait à tous les pays de l'UE à part le Danemark, l'Irlande et la Grande-Bretagne, contient une clause qui exige un 'recrutement éthique' dans le secteur de la santé.
Presque tous les gouvernements ont indiqué qu'ils étaient en faveur du système de la 'Blue Card' lorsque les ministres de la Justice et de l'Intérieur du bloc en discutaient le 25 septembre. L'exception était la République tchèque, qui a décidé de bloquer l'adoption formelle de la mesure parce que certains autres Etats de l'UE ne permettent pas à ses ressortissants de travailler sur leur territoire.
La France, qui préside actuellement l'UE, a déclaré qu'elle considérait l'opposition tchèque comme un obstacle temporaire, lié à la politique intérieure. Selon Brice Hortefeux, ministre français de l'Immigration, la question pourrait être résolue
très bientôt.