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Bénin : trois exemples réussis de développement économique et d’activités génératrices de revenus [Fr]

Abalo Ouboulé*, Fico Gnaka**
Planète Urgence (Bénin)

Le 01-10-2008 (Publié sur internet le 09-10-2008)
830 mots


La CCIF est une coopérative béninoise de micro-crédit qui finance des projets portés par des entrepreneurs qui se lancent ou développent un peu plus leurs activités. Des volontaires de Planète se sont succédés pour renforcer la CCIF, notamment en gestion marketing et gestion microfinance.

Les projets soutenus varient en fonction de l’activité économique des promoteurs : restauration locale, maraîchage, menuiserie, ébénisterie, stockage de céréales pour la revente en ville, etc.

Voici trois exemples réussis de développement économique et d’activités génératrices de revenus rendu possible par les prêts à faibles taux du CCIF.

Financement d’une activité de maraîchage

Le client, Vincent Kouagou, a soumis son projet à la CCIF pour un premier prêt de 406.000 f cfa remboursable en 6 mois. Vincent produits des aubergines, de la laitue, du choux, du poivron, du melon… Ce premier financement lui a permis d’agrandir la superficie de son périmètre maraîcher et d’acheter des équipements. L’intervention de la CCIF lui a par ailleurs permis d’augmenter son chiffre d’affaire et de recruter de la main d’œuvre locale pour l’aider dans ses différentes activités. Après le remboursement de ce premier prêt, Vincent a bénéficié d’un second prêt de 400.000 f cfa et d’un troisième de 600.000 f cfa en cours de remboursement. Son activité s’est développée et Vincent a installé 3 nouveaux sites dans les villages périphériques de Natitingou. Les clients de Vincent sont nombreux : restauratrices et restaurateurs locaux, hôtels, auberges et particuliers. C’est un modèle de réussite qui suscite de plus en plus la vocation de maraîcher chez certains jeunes. La CCIF accompagne et conseille son client en ce qui concerne les actions de marketing, la qualité de ses produits et la gestion du prêt.

Financement d’une activité de restauration

Mme Martine Dangbegnon s’est spécialisée, à domicile, dans la transformation du maïs en akassa, une pâte faite à base de farine de maïs communément appelée akassa. L’akassa se mange avec de la sauce tomate et est servi comme déjeuner et dîner. Elle a commencé son activité avec un capital de départ de 20.000 f cfa. Mais ses prestations sont si appréciées qu’elle a dû ouvrir un restaurant spécialisé. Pour concrétiser son projet, elle s’est adressée à la CCIF qui lui a consenti un prêt initial de 200.000 f cfa remboursable sur six mois. Ce prêt a permis à Martine d’aménager son restaurant et d’augmenter la quantité de la denrée de base (maïs) pour pouvoir répondre à la forte demande de ses clients. Elle a par la suite bénéficié d’un second prêt de 250.000 f cfa lui aussi remboursable sur 6 mois. Avec ce second prêt, Martine a acheté de nouveaux ustensiles de cuisines pour augmenter son offre. Elle sous-traite désormais avec les autres restaurants, les auberges et hôtels de Natitingou qui lui passent commande de la pâte d’akassa à chaque fois qu’ils prévoient de servir ce plat typique apprécié par beaucoup de Béninois. Martine a également mis en place un service traiteur dédié spécialisé akassa. Elle emploie 6 personnes.

Activité de transformation

Cette activité consiste à transformer l’arachide en pâte (pour en faire des beignets) puis en huile d’arachide commercialisée à Natitingou et dans les autres grandes villes (Parakou, Porto-Novo et Cotonou). L’activité est menée par Mme Philomène Doute qui a démarré avec un capital de 15 000 f cfa. Le sac de 100 kg d’arachide coûte environ 30.000 f cfa. Philomène a donc commencé son activité en achetant de petites quantités car elle n’avait pas assez d’argent pour acheter le sac de 100 kg qui permet d’avoir plus de bénéfice. Elle s’est donc adressée à la CCIF pour avoir un prêt de 150.000 f cfa qui lui a permis d’acheter 5 sacs d’arachide de 100 kg. En augmentant ainsi son capital, elle a pu toucher un grand nombre de clients ; son chiffre d’affaire s’est accru. Aussi n’a-t-elle pas hésité à contracter un autre prêt de 300.000 f cfa pour développer davantage l’activité. Philomène emploie 4 personnes, dont 2 à temps plein. Elle livre son huile à Natitingou et dans les autres grandes villes du Bénin. Quant à ses beignets d’arachide, ils se vendent comme de petits pains dans la ville de Natitingou.

* Abalo Ouboulé est Délégué National Planète Urgence Bénin
** Fico Gnaka est responsable de la CCIF
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e.
Elles ne reflètent pas nécessairement les vues de Planète Urgence.
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Les commentaires...
Lousi
25-11-2008
16:14:44
Je m'appelle Mme Sery, (Côte d'Ivoire). Je souhaiterais exercer cette activité génératrice de revenue qui est la fabrication d'huile et de beignets d'arachide dans mon pays. Pourriez-vous me dire comment le faire et m'y prendre ?
Nash
10-10-2008
11:24:50
▼ Gabon
▲ Gabon
Je penses que cette initiative est une très bonne chose pour le développement du micro crédit, afin de mieux combattre la pauvreté des peuples du monde...

Par ailleurs l'expérience du Bénin doit être profitable à d'autres pays Africain qui croupit aussi dans cette émissaire.

Moi, je suis un jeune de nationalité gabonaise qui souhaite aussi d'être soutenu dans plussieurs domaine du développement communautaire notamment dans la création d'un mini centre ''Télé-centre'' qui aura pour but l'initiation à l'usage des TIC dans les zones rurales de notre pays. Afin d'apporter l'aide des expériences de bonne pratique au sein des communautés défavorisées. En outre nos villages se meurent à cause de l'exode rurale c'est aussi l'une des thématiques que nous souhaitons aussi résoudre dans le domaine agricole.

Mes salutations à tous. Je compte sur votre bonne compréhension surtout à l'équipe de Planète Urgence. Sur ce, recevez mes salutations les meilleurs depuis LBV la capitale du Gabon.

Aurélien Nlong-Oye
www.coopgabon.net/nlong22000



Fr
10-10-2008
10:01:18
Il s'agit d'entrepreneuriat. Je m'interroge sur les taux d'intérêt du micro crédit dans ces exemples. Il est si souvent à des taux usuraires. Ces entreprises restent-elles dans l'informel ou deviennent-elles formelles ? Je suis toujours un peu gênée dans le soutien à l'informel qui fait une concurrence déloyale au secteur formel, le seul permettant des ressources à l'État.
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