Marion Juvenal parle volontiers de sa mission ''pour peut-être donner envie à d'autres de partir en congés solidaires'' © Rémy Perrin / Le Progrès |
Les congés solidaires, ''une formidable expérience'' [Fr]
Véronique Miot
Le Progrès (France)
Le 06-08-2008 (Publié sur internet le 09-10-2008)
607 mots
L’été dernier, Marion Juvenal était en mission de coopération au Bénin. Mais cette Montbrisonnaise n'est pas une professionnelle de la solidarité internationale.
Il y a tout juste un an, Marion Juvenal était au Bénin. Mais cette Montbrisonnaise de 26 ans ne faisait pas du tourisme dans ce pays d'Afrique occidentale. Elle était, certes, en congés, mais a passé des vacances pas comme les autres : des vacances solidaires.
Cette brunette au regard déterminé n'est pourtant ni une globe trotteuse invétérée, ni une habituée du monde associatif. Le déclic, elle l'a eu fin 2006.
J'étais dans une période de remise en question avoue-t-elle. Elle
tombe alors sur un article de presse consacré aux gens qui changent de vie. Mais elle, elle
ne veut pas tout plaquer. Elle est désormais entrée dans la vie active et aime son métier de coordinatrice sécurité environnement chez Sullair Europe. Cependant un encart dans ce papier attire son attention : il présente Planète Urgence. Cette Organisation Non Gouvernementale (ONG) permet à tout citoyen, non professionnel de la solidarité internationale, de partir en mission de coopération. Elle se rend sur son site internet et est séduite.
Je ne suis pas encore mariée et je n'ai pas d'enfant, c'est le moment ou jamais se dit-elle. Elle s'inscrit sur www.planete-urgence.org
Je n'y croyais pas trop, je n'ai aucune compétence particulière. Trois jours plus tard, son téléphone sonne. Une chargée de mission de Planète Urgence l'interroge sur ses motivations. C'est bon, Marion est recrutée pour une mission de soutien scolaire auprès d'enfants hospitalisés, comme elle le souhaite. Elle contracte alors un crédit pour financer son voyage et son séjour, car la jeune femme veut
s'investir de A à Z.
Après une formation de deux jours à Paris, dispensée par l'OGN, ses bagages presque exclusivement emplis de livres et de supports pédagogiques bouclés, le 18 août, elle atterrit dans la capitale du Burkina Faso : Ouagadougou. Deux membres d'une ONG locale, Actions et Développement, la récupèrent. 600 kilomètres plus tard, elle arrive enfin à Tanquieta au Bénin. Comme elle, ils sont huit volontaires logés au même endroit, mais dispatchés sur des missions différentes. Elle découvre l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu. Là, de nombreux petits malades sont soignés pour la polio. Malgré leur jambe plâtrée, leur affection cutanée...
Marion est
bluffée par leur sourire, leur joie de vivre. C'est eux qui nous faisaient oublier leur maladie. Certes les premiers jours, Marion confesse
quelques moments de panique. Difficile de proposer des activités fédératrices pour des malades âgés de 3 à 18 ans. Et la barrière de la langue est parfois complexe à abattre : si le français est la langue nationale, les dialectes sont nombreux Marion propose du sur-mesure pour l'écriture et la lecture, généralement enseignées le matin. L'après-midi est dédié aux activités manuelles. Et remporte un vrai succès
Ces enfants, il ne leur faut pas grand-chose pour s'amuser se souvient Marion encore *émue. Une émotion, qu'elle a durement ressentie au moment du départ.
J'avais une boule dans la gorge. Si les quinze jours au Bénin se sont trop rapidement écoulés, Marion sait
qu'elle a fait partie d'une chaîne, que d'autres volontaires prendront le relais.