Pose d'un colliers GPS à une hyène afin de suivre son évolution au sein du parc. © Maja Vasiljevic / Planète Urgence |
''L’aide des volontaires est indispensable au Zimbabwe !'' [Fr]
Maja Vasiljevic
Planète Urgence (France)
Le 01-10-2008 (Publié sur internet le 09-10-2008)
966 mots
La mission d’éco-volontariat au Parc National de Hwange au Zimbabwe a vu le jour il y a 3 ans (été 2005) et suscite beaucoup d’engouement depuis sa création, non seulement auprès des futurs volontaires, enthousiastes à l’idée de travailler dans un parc au plus près d’une faune exceptionnelle, mais aussi auprès des anciens qui n’hésitent pas à y retourner pour y vivre une… seconde expérience !
Créé en 1929, le Parc National de Hwange est situé dans le Nord Ouest du pays, il longe la frontière avec le Botswana et recouvre une superficie de quelque 14.620 Km² (soit environ la superficie de la Belgique !). On y trouve la plus grande diversité faunique du pays mais les événements des années 80 et l’arrivée au pouvoir de Robert Mugabé vont accroître son déclin : braconnage, problèmes de gestion et pannes sur les pompes d'eau qui irriguaient les points d'eau.
Aujourd'hui, la crise économique et politique dans laquelle est plongée le pays ne fait qu'affaiblir le parc et mettre en danger de nombreuses espèces.
Planète Urgence a donc décidé de s’associer avec le Parc National de Hwange, et plus précisément avec un partenaire au sein du parc, l’association D.A.R.T (Dete Animal Rescue Trust) et son directeur emblématique Paul de Montille. DART a pour principal objectif de venir en aide aux chercheurs du parc dans la collecte de données indispensable à la traçabilité des espèces et notamment celles qui sont menacées.
Ses principales missions sont :
- La lutte contre le braconnage et la collecte des pièges
- Sauver les animaux pris dans ces fameux pièges – DART a toutes les autorisations pour endormir et soigner les animaux blessés dans le parc.
- Les activités de comptage d’animaux sauvages – Ces collectes de données sont très importantes pour évaluer la population du parc.
- Le tracking radio et l’observation des populations carnivores du parc – DART assiste notamment le ''Hwange Lion Research Project'' et le ''Hyaena Research Project'' pour endormir des carnivores du type lions, hyènes, guépards et léopards, dans le but de leur poser des colliers GPS et suivre ainsi leur évolution au sein du parc. La recrudescence du braconnage a eu des répercussions dramatiques sur la population des lions qui à un moment donné est descendue à une quarantaine pour tout le parc. Aujourd’hui, grâce au travail des chercheurs et à DART, il y en a à peu près 500.
Rappelons que la mission d’éco-volontariat au Zimbabwe a souffert en juin dernier au moment des élections présidentielles. Certaines missions ont dû être annulées pour cause d’instabilité politique, mais heureusement pour mieux reprendre en août. Et je suis bien placée pour en parler, je faisais partie de cette mission de reprise et ce… pour la 2ème fois !
La particularité des missions d’éco-volontariat au Zimbabwe est qu’aucune ne se ressemble. Paul de Montille fixe des objectifs et des lignes directrices pour la durée de la mission mais l’adaptation aux imprévus est souvent au rendez-vous. Je suis loin d’avoir été en reste puisque nous avons : posé un collier sur une hyène en pleine nuit, repéré grâce au tracking radio un lion ayant un collier défaillant et qu’il fallait changer d’urgence, recherché une girafe blessée prise dans un piège posé par des braconniers, effectué un comptage d’animaux pendant 24 heures à un point d’eau un soir de pleine lune…
Certes il n’y a pas besoin de compétence particulière pour partir en mission à Hwange mais une motivation à toute épreuve et une capacité à s’adapter aux imprévus! Et l’émotion est souvent au rendez-vous.
Dernière précision qui a toute son importance : à aucun moment, nous n’avons senti de tensions ou d’insécurité au sein du parc. Au contraire, les communautés locales et les chercheurs se sont sentis moins abandonnés, les ONG humanitaires ayant été sommées de quitter le pays au plus vite au moment des élections. Planète Urgence a pu procéder à la reprise des missions car il s’agit d’une mission axée sur la préservation de la faune et non pas d’aide au développement des populations. Aujourd’hui, DART a plus que jamais besoin de l’aide des volontaires pour appuyer les différents projets, notamment le Projet Lion et le projet Hyène.
L’une des bonnes nouvelles est que les ONG reviennent petit à petit dans le pays suite aux accords entre le pouvoir en place et l’opposition.
Et l’un des projets de Planète Urgence en 2009 est de mettre en place de nouvelles missions en soutien à des initiatives locales, avec pour commencer, une mission de soutien scolaire auprès des enfants des écoles de Dete, village en bordure du parc de Hwange, et une mission de formation des adultes. Ces missions devraient intégrer des sessions d’éducation à la sauvegarde de la biodiversité.
Cette partie de la mission reste la plus délicate, le but étant de sensibiliser des communautés qui souffrent de la faim, sur la préservation des espèces et la nécessité de ne pas recourir au braconnage. Il faut noter que la direction du parc alloue un quota d’animaux pour aider la population à survivre. Mais cela n’empêche pas le braconnage de sévir.
L’aide des volontaires est indispensable dans ce pays ! Le Zimbabwe n’est pas prêt de se faire oublier. Et c’est tant mieux.