Untitled Document
1
Les cimenteries et la combustion des ressources fossiles (pétrole, charbon, gaz) ont émis 8,5 milliards de tonnes (Gt) de carbone ; les activités de déforestation ont été, pour leur part, responsables de l'émission d'environ 1,5 Gt de carbone.
© DR
Environnement
Les émissions de CO2 excèdent largement les prévisions

Stéphane Foucart
Le Monde (France)

Le 26-09-2008 (Publié sur internet le 13-10-2008)


Beaucoup de bruit pour rien ? L'intense activité diplomatique déployée ces dernières années sur le front climatique n'a eu, jusqu'à présent, aucun impact. C'est, en substance, ce qu'il faut retenir de la publication, vendredi 26 septembre par le Global Carbon Project (GCP), des données mondiales d'émissions de dioxyde de carbone (CO2) pour l'année 2007.

Les cimenteries et la combustion des ressources fossiles (pétrole, charbon, gaz) ont émis 8,5 milliards de tonnes (Gt) de carbone ; les activités de déforestation ont été, pour leur part, responsables de l'émission d'environ 1,5 Gt de carbone. Ce niveau d'émissions se situe un peu au-dessus des scénarios de développement les plus pessimistes que le GIEC [Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat] a utilisés pour prévoir le changement climatique à la fin du siècle, précise Philippe Ciais (Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement), membre du GCP.

Vitesse préoccupante

La vitesse à laquelle progressent les émissions est plus préoccupante encore que leur valeur absolue de 2007. Depuis 2000, les émissions ont crû en moyenne de 3,5% par an, soit quatre fois plus vite qu'entre 1990 et 2000, où cette augmentation annuelle n'avait été que de 0,9% environ, explique Corinne Le Quéré (université d'East Anglia et British Antarctic Survey), membre du GCP. A titre de comparaison, le pire scénario du GIEC prévoit seulement une augmentation de 2,7% par an.

Cela s'explique par le fait que les pays industrialisés n'ont globalement pas diminué leurs émissions depuis les années 1990 tandis que le développement économique des pays en voie de développement, en particulier la Chine et l'Inde, a été beaucoup plus rapide que prévu, ajoute Corinne Le Quéré.

Pourquoi une telle hausse ? D'abord, il faut avouer qu'il n'y a pas eu d'avancée technologique déterminante, au cours des quinze dernières années, à même de les ralentir significati vement, remarque MmeLe Quéré. L'essentiel (65%) de cette augmentation récente des émissions est imputable à la croissance de l'activité économique, mais 17% proviennent de la baisse en efficacité-carbone de l'économie mondiale. Ce qui veut dire, de manière très paradoxale, qu'il faut aujourd'hui émettre plus de carbone pour produire un dollar qu'il ne le fallait en 2000, décrypte M.Ciais.

Cette chute d'efficacité-carbone, que les chercheurs voient apparaître entre 2000 et 2005, est attribuée au grand nombre de centrales à charbon de conception ancienne construites, pendant cette période, dans les provinces de l'intérieur de la Chine. Les 18% restant sont à imputer à la baisse d'efficacité des puits naturels de carbone : la biosphère terrestre (plantes, animaux sauvages et domestiques, etc.) et l'océan (dissolution directe du CO2 dans l'eau ou absorption par le phytoplancton).

Ces puits digèrent chaque année environ 55% du carbone émis par l'homme. Mais, soumis à des températures globalement supérieure s, les océans tendent à en absorber une proportion légèrement décroissante. La bonne nouvelle est qu'en dépit de cette chute d'efficacité, cette régulation naturelle fonctionne toujours et demeure, malgré tout, assez stable, tempère M. Ciais.

La majorité des données rendues publiques par le GCP sont issues de la compilation des statistiques nationales de production et de consommation énergétique, généralement réputées fiables à 10% près, voire à 20% près dans le cas de la Chine. En revanche, la mesure du taux de CO2 atmosphérique et de son évolution ne souffre pas, elle, de telles incertitudes. La concentration du principal gaz à effet de serre, qui s'élevait à environ 270parties par million (ppm) au cours de l'ère préindustrielle, atteint aujourd'hui 385ppm. Un chiffre qui ne cesse de croître.
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e.
Elles ne reflètent pas nécessairement les vues de Planète Urgence.
Vous aussi, réagissez à cet article !*
Pseudo
E-mail (1)
Titre (2)
Texte (3)
Suite à la multiplication des commentaires automatiquement envoyés par des robots, nous vous remercions de bien vouloir retaper le nombre ci-dessous avant de confirmer l'envoi de votre réaction à l'article.
* Les modérateurs de Planète Urgence se reservent le droit, a priori et a posteriori, de publier ou de rejeter tout ou partie de votre réaction.
1. Votre adresse e-mail ne sera pas diffusée
2. 150 caractères maximum
3. 2.000 caractères maximum
Envoyer cet article à un-e ami-e...
Votre nom
Votre mail
Son mail
Aussi, dans la rubrique "Environnement"...
Réchauffement: les pôles sous influence humaine
Nouvel Obs - Sciences et Avenir (France) - 31-10-2008
Un tiers des mammifères menacés d'extinction
Nouvel Obs (France) - 06-10-2008
Les mesures engagées, les mesures en panne
Nouvel Obs (France) - 09-10-2008
Vos réactions à cet article
Jeandb
12-11-2008
06:19:32

Le co2 est recyclable. Si le co2 s'accumule dans l'atmosphère, c'est parce que des activités humaines assèchent les réserves d'eau souterraine. De la déforestation à la surexploitation des réserves d'eau souterraine en passant par l'imperméabilisation des villes et routes qui drainent et accélèrent l'eau et réduisent le temps et la surface d'infiltration, tout est fait pour accumuler du co2. Si le co2 augmente, cela est du à son non-recyclage.

Les biefs du Pilat
Infos de la Planète - Abonnez-vous & invitez vos ami-e-s
Rechercher un article
Je souhaite attribuer ce don...



20 eco-gestes pour les citoyens
Les différents eco labels : lequel choisir pour être sûr d’acheter vert ?
Flux
Ressources
Thématiques
15 derniers articles
publicité
| Mentions légales | Recommander ce site | Ajouter à mes favoris | FAQ Missions | Nous contacter | Recrutement |
© Planète Urgence 2000-2008