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''Il reste maintenant à traduire ces engagements par des actions concrètes sur le terrain et à faire le lien entre les logiques opérationnelles et l’approche technocratique internationale.''
© DR
Développement
Que recouvre la notion ''d’efficacité de l’aide''? Trois questions à… Pierre Jacquet [Fr]

AFD - Agence Française de Développement (France)
Le 01-09-2008 (Publié sur internet le 14-10-2008)


Plus de 1.000 décideurs du Nord du Sud se sont réunis à Accra au Ghana du 2 au 4 septembre derniers dans le but d’améliorer l’efficacité de l’aide au développement. Pierre Jacquet, Chef économiste à l'AFD, répond à nos questions...

AFD : Que recouvre la notion d’efficacité de l’aide ?

Pierre Jacquet :
Depuis plusieurs décennies, les acteurs de l’aide au développement constatent que leurs efforts n’obtiennent pas les résultats de long terme espérés. De nombreux facteurs peuvent l’expliquer : insuffisance des ressources, freins bureaucratiques, politiques, organisationnels… Les nombreux bailleurs de fonds, avec leurs propres procédures individuelles, manquent également de coordination. De leur côté, les pays bénéficiaires ne sont pas toujours capables d’utiliser au mieux les fonds octroyés.

Améliorer l’efficacité de l’aide, c’est faire en sorte d’accroître son impact sur le développement des pays. Pour cela, les bailleurs de fonds ont retenu cinq principes, réunis dans la Déclaration de Paris signée en 2005 : l’appropriation par les pays du Sud (l’aide appuie les programmes et politiques décidés par les bénéficiaires), l’alignement sur les stratégies nationales de développement et les systèmes nationaux, l’harmonisation des modalités de l’aide, la recherche de résultats et la responsabilité mutuelle des bailleurs de fonds et des pays bénéficiaires.

AFD : Que s’est-il dit durant ces trois jours à Accra et sur quoi le forum a-t-il débouché ?

Pierre Jacquet :
Le forum a réuni plus d’un millier de participants : ministres et chefs d’Etat, dirigeants des grandes agences d’aide bilatérales et multilatérales, OCDE, société civile… Neuf tables-rondes et plusieurs side-events se sont penchés sur l’ensemble des thématiques relatives à l’efficacité de l’aide inscrites dans la Déclaration de Paris. Les débats se sont fondés sur les consultations tenues avec les pays et entités signataires de cette déclaration. Parallèlement à ces conférences, un village aux idées présentait les différentes pratiques d’efficacité de l’aide mises en place par les pays du Sud et par les bailleurs.

A l’issue de ces trois jours, les participants ont signé le Programme d’action d’Accra . Fruit d’une intense négociation, ce texte dresse un bilan réaliste des avancées réalisées en matière d’efficacité depuis la signature de la Déclaration de Paris. Le Programme d’action s’efforce de cibler des actions précises pour améliorer cette efficacité. Sa signature témoigne du souci partagé de faire vivre une dynamique politique essentielle à l’efficacité de l’aide.

AFD : Pouvez-vous donner quelques exemples de ces actions ?

Pierre Jacquet :
Les bailleurs de fonds se sont engagés à accroître la prévisibilité de l’aide donnant 3 à 5 ans à l’avance aux pays partenaires, des informations sur l’aide qu’ils prévoient de leur accorder. Ils se sont également engagés à mieux utiliser les systèmes nationaux pour fournir une aide plus efficace en termes de renforcement des capacités, loin de l’expédiant consistant à accepter l’emploi des systèmes et procédures des bailleurs. Ils ont aussi accepté que les conditionnalités reflètent les objectifs de développement des pays bénéficiaires. En matière de déliement de l’aide, ils ont promis de continuer à lever les restrictions empêchant les pays du Sud d'acheter les biens et les services où ils peuvent obtenir la meilleure qualité au plus bas prix.

Il reste maintenant à traduire ces engagements par des actions concrètes sur le terrain et à faire le lien entre les logiques opérationnelles et l’approche technocratique internationale. Pour nécessaire qu’elle soit, cette dernière ne peut suffire à elle seule à lever tous les obstacles à la coordination efficace entre bailleurs de fonds et pays partenaires.
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e.
Elles ne reflètent pas nécessairement les vues de Planète Urgence.
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