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''Parmi les Homo sapiens se lève un contingent grandissant de défenseurs du monarque. D'autres se mobilisent pour les baleines, d'autres pour les saumons ou les vers de terre. Toute la diversité des espaces et des espèces trouve maintenant des défenseurs. © Armon |
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TerreMieux habiter la planète [Fr]
Hubert Reeves
Le Journal de Montréal (Canada)
Le 14-09-2008 (Publié sur internet le 01-10-2008)
Homo sapiens fait peur : il crée des poisons et s'en sert...
Homo sapiens réconforte : il découvre la pénicilline et cet antibiotique a entraîné une révolution médicale au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle. Enfin un antiseptique efficace contre les microbes, et la durée de vie d'Homo sapiens s'allonge...
Homo sapiens terrifie : il fabrique des bombes atomiques et en a déjà utilisé contre ses semblables.
Homo sapiens épate : il tue au laser dans le cerveau les métastases d'un cancer au stade très avancé et garde en vie le patient bien plus longtemps.
Homo sapiens est donc capable du pire et du meilleur. C'est bien connu.
Les pessimistes et optimistes ont tous des arguments à faire valoir.
Ayant fait le constat de tous les problèmes posés par l'activité humaine, on se rend compte que les perspectives ne sont pas très gaies. Les pesticides empoisonnent le sol, les milieux naturels et les espèces disparaissent à un rythme accéléré, les gaz à effet de serre réchauffent la planète, ce qui détraque les climats... et le pessimisme pourrait gagner tout le monde.
Ayant fait le bilan de tous les chefs d'oeuvre et des découvertes scientifiques, des progrès médicaux, etc., l'optimisme pourrait l'emporter.
Il y a les gens qui oscillent du pessimisme à l'optimisme et vice-versa... On pense au balancier de la pendule qui ne se stabilise jamais.
Homo sapiens s'inquiète. Il est en train de détériorer sa planète.
Homo sapiens s'enthousiasme : il s'émerveille devant un monarque...
Ce monarque n'est pas un roi tout puissant. Il n'est pas grand : il ne mesure que quelques centimètres. Il est tout léger, léger, pèse peut-être moins de deux grammes... Ce monarque devant lequel Homo sapiens s'extasie, c'est un papillon. Et Homo sapiens rêve de le sauver. Il faudra pour cela cesser de détruire ses habitats, renoncer à certains poisons... Il faudra changer, habiter la planète autrement. Et commencer par croire qu'on y arrivera et que le monarque sera sauvé.
Donc, parmi les Homo sapiens se lève un contingent grandissant de défenseurs du monarque.
D'autres se mobilisent pour les baleines, d'autres pour les saumons ou les vers de terre. Toute la diversité des espaces et des espèces trouve maintenant des défenseurs, même des micro-organismes invisibles à l'oeil mais que des scientifiques disent indispensables... L'opinion publique passe de l'indifférence à l'intérêt.
L'approbation se généralise
Et peu à peu, tous les homo sapiens acquièrent les qualités nécessaires pour sauver leurs protégés. Cela va les aider à se sauver eux-mêmes.
C'est ainsi que peu à peu, une conscience planétaire s'installe. Et pour la consolider, l'éducation à la nature se met en place. Lentement. Oui, mais c'est toujours lent au début d'une manoeuvre nouvelle. La vitesse de croisière ne peut être immédiatement atteinte. Mais il faut l'atteindre car les enjeux sont énormes.
Cela passe bien souvent par une sensibilisation au moyen des associations de protection, tellement indispensables pour accroître la prise de conscience de l'opinion publique.
La vulgarisation scientifique est souvent leur oeuvre. Leurs membres se sont responsabilisés et ils incitent à la modification des comportements en pratiquant la tolérance dans le respect de chacun.
Enfants et adultes sont concernés. Les enseignants ont un grand rôle à jouer envers les premiers. Les médias ont le même envers les seconds.