SciencesDe l'observation à la prévision du climat [Fr]
Carine Richard-Van Maele
OMM - Organisation Météorologique Mondiale (ONU)
Le 28-08-2008 (Publié sur internet le 14-10-2008)
À l’occasion du vingtième anniversaire du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), le Secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud, a déclaré que l’Organisation météorologique mondiale continuera à soutenir pleinement le GIEC.
Les Services météorologiques et hydrologiques nationaux des 188 Membres de l'Organisation sont en effet les principaux fournisseurs de l’information scientifique et technique utilisée dans les rapports du GIEC. Aujourd’hui, l’OMM redouble d'efforts pour améliorer les prévisions climatiques et les adapter aux besoins de la société. La troisième Conférence mondiale sur le climat, en 2009, aura pour thème central la prévision et l'information climatologiques au service de la prise de décisions.
Michel Jarraud a rappelé que le GIEC, qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 2007, est un aboutissement de la première Conférence mondiale sur le climat organisée par l’OMM en 1979 pour tenter de répondre aux interrogations suscitées par l'étude du climat.
S'il est largement admis aujourd'hui que les activités humaines modifient le climat à un rythme de plus en plus alarmant, ce n'était pas le cas lorsque l'OMM a publié en 1976 la première déclaration faisant autorité sur l'accumulation du dioxyde de carbone dans l'atmosphère et son incidence possible sur le climat a déclaré M.Jarraud. Des années de travail scientifique intensif ont suivi, débouchant sur la création, en 1988, du GIEC par l’OMM et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Le Secrétaire général a souligné la nécessité de faciliter la participation d'un nombre croissant de scientifiques des pays développés et en développement dans tous les domaines où un savoir spécialisé est nécessaire face aux défis que posent les changements climatiques planétaires.
Paru en 1990, le premier rapport d'évaluation a préparé le terrain pour la deuxième Conférence mondiale sur le climat organisée cette même année et a donné un nouvel élan à la négociation de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Cette deuxième conférence a en outre abouti à la création, en 1992, du Système mondial d’observation du climat, qui permet de disposer des observations systématiques nécessaires à l’étude du changement climatique.
Aujourd'hui, après avoir pendant des années attiré l'attention de la communauté internationale sur l'évolution du climat, l'OMM s'attache à fournir à la société les informations et les moyens d'action dont elle a besoin pour s'adapter aux changements climatiques annoncés. Pour jeter les bases d'une nouvelle ère dans le domaine de la prévision, l'OMM organise avec ses partenaires la troisième Conférence mondiale sur le climat, qui se tiendra à Genève du 31 août au 4 septembre 2009. Cette conférence réunira fournisseurs et utilisateurs des prévisions climatiques, qui s'attacheront à trouver les moyens de rendre les décideurs plus attentifs au contexte climatique. Le Secrétaire général de l'OMM s'est dit
persuadé que ses résultats seraient à la hauteur de ceux des deux précédentes conférences.
Les messages clefs que contient le quatrième rapport d'évaluation du GIEC ont suscité une mobilisation internationale sur la question des changements climatiques qui a abouti en décembre dernier à la Conférence de Bali. M. Jarraud a déclaré que l'OMM, en mettant ses compétences à disposition, s'emploierait à soutenir l'action menée pour parvenir à des accords devant prendre le relais du Protocole de Kyoto et pour définir les stratégies à mettre en œuvre sur le long terme.
Il a souligné qu'il fallait aider les pays les moins avancés et, d'une manière générale, tous les pays vulnérables, à se donner les moyens de s'adapter aux changements climatiques, s'agissant notamment de recourir à des systèmes d'alerte rapide pour la prévention des catastrophes naturelles. Les pays les moins avancés, les petits États insulaires en développement et d'autres pays vulnérables seront en effet parmi les premiers à être touchés, et ce le plus durement, par les conséquences du changement climatique sur les ressources en eau, la sécurité alimentaire et la santé, en particulier en Afrique. Alors qu'ils sont manifestement parmi les moins responsables des changements climatiques, ces pays sont aussi les moins armés pour s'y préparer.
Parmi les autres personnalités qui ont pris la parole lors de la cérémonie marquant le vingtième anniversaire du GIEC, à Genève, on citera: Moritz Leuenberger, Conseiller fédéral et ancien Président de la Confédération suisse; Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies; Laurent Moutinot, Président du Conseil d'État de la République et Canton de Genève; Rajendra Pachauri, Président du GIEC; Achim Steiner, Directeur exécutif du PNUE; et Roberto Acosta, représentant le Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.