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Tous les bambous ne sont pas verts. Pour plaire aux consommateurs, ses producteurs vantent un produit issu d'une ressource écologique et renouvelable. Des affirmations qui tiennent plus de la pub que de la vérité scientifique. © Julien Genin / Planète Urgence |
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QuotidienQui n'a pas son T-shirt en bambou?
Yves Mattenberger
Le Temps (Suisse)
Le
21-08-2008 (Publié sur internet le
26-08-2008)
Ici, il est assemblé en échafaudages qui tanguent le long des gratte-ciel. Là, on le déguste à la baguette. On en a même fait des vélos. En Chine, le bambou est partout. Dernière de ses conquêtes: la mode.
De la grande distribution aux marques de luxe, l'industrie textile est tombée sous le charme du bambou. Ce qui fait de cette graminée à tout faire une matière première idéale pour un pays en pleine expansion, et qui en est le premier producteur. Plus absorbante que le coton et bactériostatique, la fibre de bambou fait merveille dans les linges de bain. Tissée, elle est presque aussi douce et luisante que la soie. Fraîche sur la peau, elle sied à l'été.
Sauf qu'attention! Tous les bambous ne sont pas verts. Pour plaire aux consommateurs, ses producteurs vantent un produit issu d'une ressource écologique et renouvelable. Des affirmations qui tiennent plus de la pub que de la vérité scientifique. Si la culture du bambou - plante robuste, peu exigeante en eau et en engrais - respecte a priori l'environnement, ce n'est pas le cas de sa transformation. La majorité du bambou est transformée en viscose par un procédé qui utilise de grandes quantités de soude caustique, de sulfure de carbone et d'autres produits chimiques dangereux. Pourtant, il existe des méthodes moins polluantes, mais bien plus chères.
Verte ou non, la fibre de bambou continue sa conquête des marchés. De 2004 à 2006, la Chine a décuplé ses exportations. Ou comment chemises, draps et robes naissent désormais aussi dans les bambous.