EnvironnementDeux millions de décès prématurés par an causés par la pollution de l'air
Regine Kiala
Le Potentiel (République Démocratique du Congo)
Le
20-08-2008 (Publié sur internet le
26-08-2008)
La pollution de l'air représente un risque environnemental majeur pour la santé. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'à l'échelle mondiale, elle est à l'origine d'environ deux millions de décès prématurés par an.
L'exposition aux polluants aériens échappe en grande partie au contrôle individuel et nécessite que les autorités publiques prennent des mesures aux niveaux national, régional et même international.
A cet effet, les lignes directrices l'OMS concernant la qualité de l'air constituent l'évaluation la plus largement reconnue et la plus actuelle des effets de la pollution aérienne sur la santé. Elles préconisent des objectifs de qualité de l'air qui réduisent fortement les risques sanitaires.
En diminuant la pollution par les particules en suspension (PM10) de 70 à 20 microgrammes par mètre cube (ìg/m3), on estime que l'on peut réduire de 15% le nombre de décès liés à la qualité de l'air. En diminuant les niveaux de pollution atmosphérique, on peut aider les pays à réduire la charge mondiale de morbidité imputable aux infections respiratoires, aux cardiopathies et aux cancers pulmonaires.
L'OMS a intégré dans ses directives des cibles intermédiaires pour encourager les pays qui enregistrent encore des niveaux très élevés de pollution à réduire progressivement leurs émissions. Ces cibles intermédiaires sont les suivantes : maximum de trois jours par an avec des concentrations pouvant atteindre 150 ìg/m3 de PM10 (pics de pollution aérienne de brève durée) et 70 ìg/m3 pour les expositions sur le long terme aux PM10.
Les populations des pays en développement supportent plus de la moitié de la charge sanitaire résultant de la pollution de l'air. Dans de nombreuses villes, les concentrations annuelles moyennes en PM10 (provenant principalement des combustibles fossiles et autres) dépassent 70 ìg/m3. Les directives établissent que, pour prévenir les problèmes de santé, ces concentrations doivent être inférieures à 20 ìg/m3.
Informations générales
La pollution de l'air, à l'intérieur des locaux comme à l'extérieur, est un problème majeur de santé environnementale touchant aussi bien les pays développés que ceux en développement. Les lignes directrices OMS 2005 concernant la qualité de l'air sont conçues pour donner des orientations mondiales et réduire les conséquences de cette pollution sur la santé. Les directives parues pour la première fois en 1987 [1] puis actualisées en 1997 [2] concernaient l'Europe. Les nouvelles directives (2005) s'appliquent au monde entier et se fondent sur l'évaluation des données scientifiques actuelles par des experts. Les concentrations limites recommandées ont été révisées pour un certain nombre de polluants: particules en suspension, ozone (O3), dioxyde d'azote (NO2) et dioxyde de soufre (SO2), et concernent toutes les régions de l'OMS.
En dehors des valeurs établies, les directives fixent des cibles intermédiaires pour chaque polluant de l'air atmosphérique de façon à faire baisser progressivement les concentrations. En atteignant ces cibles, on observera des réductions significatives des risques de maladies chroniques ou aiguës imputables à la pollution atmosphérique. Il n'en reste pas moins que les valeurs guides sont l'objectif ultime à atteindre.