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Vendredi 25 juillet, se sont ouvertes à Libramont les portes de la Foire européenne du monde rural. Sur son site officiel, celle-ci se présente comme un rendez-vous de haute technologie et une véritable plate-forme d’affaires.
© Foire de Libramont
Terre
L’agriculture doit retrouver sa noble vocation de nourrir les humains

Un collectif de signataires
CADTM - Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde (France)

Le 29-07-2008 (Publié sur internet le 12-08-2008)


De tout temps, la noble vocation de l’agriculture a été de nourrir les humains. Aujourd’hui, elle est devenue avant tout un business qui asservit producteurs et consommateurs aux multinationales de l’agroalimentaire, enrichissant les uns, appauvrissant et affamant les autres !

Ce vendredi, se sont ouvertes à Libramont les portes de la Foire européenne du monde rural. Sur son site officiel, celle-ci se présente comme un rendez-vous de haute technologie et une véritable plate-forme d’affaires. |1|

Pour peu que le temps soit favorable, on doit s’attendre à près de deux cent mille visiteurs ; plus de quatre mille délégations commerciales seront sur le champ.

Cet événement nous amène à formuler une série d’observations et de constats de portée internationale, comme lui.

De tout temps, la noble vocation de l’agriculture a été de nourrir les humains. Aujourd’hui, elle est devenue avant tout un business qui asservit producteurs et consommateurs aux multinationales de l’agroalimentaire, enrichissant les uns, appauvrissant et affamant les autres !

Avec les agrocarburants, on en arrive à transformer une source de nourriture en combustible. Produire un succédané du pétrole est devenu plus important et surtout plus rentable que produire une nourriture saine.

Les émeutes de la faim qui se multiplient sont la conséquence d’une politique agricole mondialisée qui, au lieu de favoriser la souveraineté alimentaire des peuples, soumet ceux-ci aux intérêts de la haute technologie et des plates-formes d’affaires . Par un jeu spéculatif d’import-export, une concurrence déloyale ruine peu à peu l’autonomie des petits producteurs locaux et les rend dépendants de nos fameuses lois du marché .

Les agriculteurs de nos pays sont aussi victimes de ce système. Ils consacrent à leur production une importante quantité de temps, d’énergie, de savoir-faire, d’investissements, et ce pour un profit souvent dérisoire, sans commune mesure avec celui de leurs partenaires de la longue chaîne commerciale ! Et sans avantage pour le consommateur qui, lui, paie ses produits de plus en plus cher…

C’est dans les ressources naturelles des pays dits pauvres – mais riches en matières premières – que nous puisons abondamment pour produire tous les intrants minéraux et végétaux dont a besoin notre mode d’agriculture et d’élevage industriel. La farine de soja transgénique en est un bel exemple : l’extension de cette culture soustrait en ce moment, en Amérique du Sud, des millions d’hectares à l’agriculture vivrière et détruit d’immenses massifs forestiers.

Autres exemples d’un commerce prédateur. Greenpeace a mené l’an dernier une action pour protester contre l’importation en Belgique de bois tropicaux de la forêt congolaise (c’est vrai aussi pour les forêts d’Amazonie, du Chaco ou de Malaisie) dans des conditions d’exploitation qui dégradent l’environnement sans contribuer au bien-être des populations locales. Des dizaines de millions d’êtres humains dépendent de ces forêts pour leur survie.

Rien qu’en République Démocratique du Congo, quarante millions de personnes – agriculteurs bantous, communautés de pêcheurs et Pygmées semi-nomades – dépendent de la forêt pour leur nourriture quotidienne, leurs plantes médicinales et leur approvisionnement en énergie.

Nous protégeons avec un zèle louable notre environnement et nos forêts, mais loin d’ici nous nous comportons comme des pillards par l’entremise de sociétés dont nous sommes clients, voire actionnaires.

La complexité accrue de l’économie mondialisée fait que beaucoup d’entre nous ne sont pas conscients de leur complicité objective d’épargnants, de contribuables ou de simples consommateurs !

Nous élaborons chaque jour de nouveaux projets d’aide aux peuples victimes de la faim et de la pauvreté, mais nous continuons à les affamer et à les appauvrir en les spoliant de leurs terres et de leurs ressources par multinationales interposées, parfois aussi par le biais d’ élites locales à notre solde.

Il a été démontré que les économies agricoles de subsistance ont des rendements par hectare, à coût égal, supérieurs à ceux de l’agriculture industrielle.

L’ignorance de ces faits ne nous excuse pas.

S’il ne sert à rien de culpabiliser, apprenons du moins à agir en citoyens et consommateurs responsables ! En premier lieu, en nous informant de ce qui se passe réellement.

L’agriculture dite de haute technologie qui nous fascine par ses performances entraîne, en fait, des dépenses énergétiques exorbitantes, augmente la pollution, accumule les déchets, contribue au dérèglement climatique, accroît les inégalités et accentue les poussées migratoires.

Une telle agriculture alimente la guerre économique qui fait aujourd’hui plus de victimes que les conflits armés !

Ce n’est évidemment pas le progrès technique comme tel qui est en cause, mais son exploitation à des fins purement mercantiles.

Un collectif de signataires : Coordination luxembourgeoise pour la paix (www.colupa.be) ; CADTM Belgique et CADTM France (Comité pour l’annulation des dettes du tiers-monde) ; ACRF (Action catholique rurale des femmes) ; SCI (Service civil international) ; Oxfam, ça passe par ma commune ; Entraide et Fraternité ; Communauté pour le développement humain ; Daniel Van Daele, secrétaire fédéral de la FGTB-ABW.


Notes de bas de page:
|1| www.foiredelibramont.com
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Vos réactions à cet article
Mouton
05-09-2008
17:03:59

Oui l'agriculture peut retrouver sa noble vocation de nourrir les humain si et seulement si l'homme concrétise ses paroles sur le terrain par l'action pas en passant par la théorie en les quatre murs d'un bâtiment. Prendre en considération l'expertise locale tout en permettant aux paysans de gérer leurs recettes et faire du paysan un négociant de ses propres intérêts.
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