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Logo de la Coupe du Monde de football 2010 en Afrique du Sud © Fifa |
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AfriqueCoupe du monde 2010 : l’Afrique du Sud n’a pas peur d’un “plan B”
Sabine Cessou
Info Sud (Suisse)
Le
29-07-2008 (Publié sur internet le
12-08-2008)
Malgré les grèves importantes entamées mercredi, les Sud-Africains refusent de douter de leur capacité à être prêts en 2010 pour la première coupe du monde sur le continent africain.
Les Sud-Africains seront-ils privés de Coupe du monde en 2010 ? Une rumeur insistante, relancée le 17 juillet par le quotidien sportif espagnol AS, fait état d’un possible échange de dates entre le Brésil et l’Afrique du Sud, pour l’organisation des deux prochaines Coupes du monde de football. En cas de défaillances sud-africaines, le Brésil pourrait être sollicité pour 2010. L’Afrique du Sud, elle, aurait jusqu’à 2014 pour terminer ses stades et autres préparatifs. La Fédération de football brésilienne a démenti l’existence d’un tel projet. Sepp Blatter, le président de la Fédération internationale de football (Fifa), a simplement admis le 29 juin avoir un
plan B, sans entrer dans les détails.
Il faudrait une catastrophe naturelle, a-t-il commenté, précisant qu’aucune décision ne serait prise avant la Coupe des confédérations. Cette répétition générale de la Coupe du monde aura bien lieu en 2009 en Afrique du Sud, quoi qu’il arrive.
Toutes ces rumeurs n’impressionnent guère le Comité local d’organisation, en Afrique du Sud. La presse sud-africaine les a à peine relevées, alors qu’elles auraient pu porter un rude coup au moral, ou même faire plonger le cours du rand, la devise nationale, compte tenu des investissements engagés pour 2010. C’est qu’à Johannesburg, il n’est pas question de délai, de report ni même de défaillances : 2010 aura lieu en Afrique du Sud, répète sur tous les tons le Comité local d’organisation.
Les enjeux, il est vrai, sont autrement plus importants que le sport. La preuve ? Des experts en communication viendront de toute l’Afrique à Johannesburg, les 29 et 30 juillet, pour leur troisième grande conférence annuelle depuis que l’Afrique du Sud a été choisie pour abriter la Coupe 2010. Cette année, ils réfléchiront aux moyens concrets de
donner une image plus positive de leur continent, à l’occasion de la grand-messe sportive. Leur slogan :
Le temps de l’Afrique est venu - Mobiliser pour 2010 et au-delà.
Tout un programme, qui n’est d’ailleurs pas sans résonances politiques.
The time has come (Le temps est venu), tel fut le cri de ralliement lancé en 1998 par Thabo Mbeki, le président sud-africain, lors du lancement de son Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). Nkenke Kekana, l’homme d’affaires sud-africain qui préside la conférence des experts africains en relations publiques, rappelle que 2010 se joue aussi sur un plan politique :
Il s’agit de montrer de quoi l’Afrique est capable, dit-il.
A l’étranger, on s’interroge sur la sécurité dans le pays et les retards pris à Port Elizabeth dans la construction d’un nouveau stade. Le budget total des infrastructures, initialement fixé 674 millions d’euros, est déjà dépassé à hauteur de 253 millions. Quant à la grève générale lancée le 23 juillet par le Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu), en protestation contre la hausse des prix des aliments et de l’électricité, elle a paralysé 4 des 9 provinces du pays (Gauteng, le Cap oriental, le Limpopo et le Nord-Ouest). Les syndicats, qui menacent d’aller crescendo dans leurs appels à la grève, se heurtent à la complexité de la situation politique en Afrique du Sud, qui durera jusqu’aux élections générales de 2009. Le gouvernement de Thabo Mbeki ne prend pratiquement plus de décisions, sans cesse désavoué par la nouvelle équipe dirigeante du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), Jacob Zuma en tête, élue lors du dernier congrès du parti, en décembre 2007.
Sur le dossier Coupe du monde, les autorités ne veulent pas montrer la moindre faiblesse. La province de Gauteng (Johannesburg et Pretoria) a annoncé le 17 juillet que ses trois stades, sur les dix qui abriteront la prochaine Coupe du monde, seront prêts avec quelques mois d’avance sur le calendrier. A ceux qui s’inquiètent du fort taux de criminalité, l’ANC peut répondre qu’il a la situation en mains, depuis les violences xénophobes du mois de mai, qui ont fait 62 morts et plus de 80.000 personnes déplacées. De son côté, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui regroupe les grands pays industrialisés, a délivré le 16 juillet un satisfecit tombé à point nommé. Angel Gurria, le secrétaire général de l’OCDE, a déclaré que le pays
peut être fier du chemin parcouru depuis 1994, sur le plan des réformes économiques. Les Sud-Africains, en attendant, se demandent à quoi leur serviront leurs cinq nouveaux stades après 2010, et s’ils tireront de la Coupe du monde des emplois vraiment durables.