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Sécheresse dans la région de Magadi, au Kenya...
© Salma Zulfiqar / IRIN
Une seule voix sur le changement climatique [Fr]

IRIN - Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires (ONU)
Le 13-06-2008 (Publié sur internet le 16-06-2008)
774 mots


L’Afrique doit adopter une stratégie commune dans le domaine du changement climatique pour avoir des chances de convaincre les pays riches de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40 pour cent d’ici à 2020, ont convenu les ministres de l’Environnement réunis à l’occasion d’un sommet, à Johannesbourg, en Afrique du Sud, cette semaine.

L’Afrique n’est responsable que de 3,8 pour cent des émissions de gaz à effet de serre, mais elle sera la première à souffrir de la menace climatique ; c’est pourquoi elle doit s’assurer qu’elle se fait entendre, selon Ogunlade Davidson, président du groupe de travail sur l’atténuation du changement climatique, au sein du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Le GIEC a suggéré une réduction de 25 à 40 pour cent d’ici à l’an 2020, pour éviter une augmentation de la température mondiale de deux degrés Celsius.

Une telle augmentation, qui s’accompagnerait de vagues de chaleur et de sécheresse plus longues, plus graves et plus fréquentes, et d’événements climatiques de plus grande ampleur (crues, cyclones…), détruirait en effet 30 à 40 pour cent des espèces connues, selon les prévisions des climatologues.

Les conséquences en seraient désastreuses pour l’Afrique. La production vivrière devrait également diminuer de moitié d’ici à l’an 2020, et 250 millions de personnes (plus de 25 pour cent de la population africaine) n’auront pas facilement accès à l’eau.

Agir sans plus tarder

Nous ne pouvons plus nous permettre de repousser une nouvelle fois l’échéance. Certaines organisations comme le PNUE [Programme des Nations Unies pour l’environnement] tentent de faire en sorte que l’Afrique s’exprime d’une seule voix à ce sujet. Le processus engagé ici à l’AMCEN [Conférence ministérielle africaine sur l’environnement] est un début, pour que l’Union africaine (UA) adhère au processus, a indiqué M. Davidson.

Nous avons décidé que l’Union africaine devait présenter notre position aux négociations [entre les pays développés et les pays en voie de développement], a déclaré Netumbo Nandi-Ndaitwah, le ministre namibien de l’Environnement.

En vertu du protocole de Kyoto, adopté en 1997, les pays industrialisés ont consenti à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à aider les pays en voie de développement à réduire les leurs.

Les ministres réunis cette semaine à Johannesbourg ont demandé à l’UA d’adopter une position africaine commune lors de son 13e sommet, en juin et juillet 2009, à l’approche du sommet de Copenhague sur le changement climatique, qui se tiendra en décembre de la même année.

À Copenhague, un nouvel accord devrait être approuvé sur la réduction des émissions avant la fin de la première phase d’engagement du protocole de Kyoto, en 2012.

Parler ne coûte rien

Mais l’Afrique ne doit pas se contenter de se préparer aux négociations.

Dans la feuille de route de Bali, validée aux derniers grands pourparlers sur l’évolution du climat, tenus sur l’île indonésienne en décembre 2007, les pays en voie de développement avaient convenu de prendre des mesures mesurables, communicables et vérifiables pour réduire leurs émissions, à l’aide de technologies plus propres, de financements et d’un renforcement de leurs capacités, selon M. Davidson.

Or, a-t-il noté, la plupart des pays d’Afrique n’ont pas les moyens de faire cela.

Les pays riches ont annoncé à plusieurs reprises qu’ils verseraient des fonds pour aider l’Afrique à s’adapter et à bénéficier de technologies énergétiques plus propres.

Nous devons être proactifs et obtenir ces fonds ; mais la question est de savoir si nous avons les moyens de recevoir ces technologies, a observé M. Davidson.

Toutes ces stratégies devront être réunies au sein d’une feuille de route africaine au cours des prochains mois, a-t-il expliqué.

En attendant, les pays d’Afrique peuvent atténuer certaines conséquences du réchauffement climatique.

Nous pouvons sauver notre production vivrière : environ 50 pour cent de notre production alimentaire est gaspillée dans les fermes et ailleurs chaque année parce que nous récoltons et commercialisons encore nos fruits et légumes manuellement, a dit M. Davidson. Nous pouvons opter pour des techniques simples d’agriculture mécanisée ; nous pouvons également commencer à recueillir l’eau.
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Les commentaires...
Tristan
17-06-2008
11:00:17

A l'heure de la destruction massive de l'agriculture vivrière par les systèmes de culture à l'occidentale , parler encore de mécanisation en ignorant qu'il faut plutôt regarder du côté de l'agroécologie me paraît grave à ce niveau
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