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Planète Urgence
Les incidents se multiplient entre rebelles et armée, mais aussi entre rebelles et villageois pour le contrôle des ressources naturelles et agricoles.
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Casamance : la nature nourrit l’insécurité [Fr]

Hamidou Sagna
Syfia International (France)

Le 09-06-2008 (Publié sur internet le 10-06-2008)
753 mots


Après une période de relative accalmie, la Casamance est à nouveau en proie à l’insécurité. Rackettés par une partie des rebelles qui convoitent leurs richesses naturelles et agricoles, les habitants sont régulièrement pris entre deux feux quand l’armée intervient. Pas de quoi encourager les déplacés à rentrer au bercail…

Depuis plus de vingt ans, la Casamance souffre d’une insécurité chronique. Le mois de mai qui vient de s’achever a cependant été particulièrement sanglant. Le 22, après avoir senti la présence de l’armée régulière, des hommes supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) ont tiré sur des civils, faisant un mort et un blessé dans la région de Ziguinchor. La veille, sept rebelles indépendantistes et deux soldats avaient trouvé la mort dans l’arrondissement de Sindian. Selon la Direction de l’information et des relations publiques de l’armée, ces affrontements seraient partis d’une opération de destruction par les militaires de champs de cannabis cultivés par les irrédentistes. Le 7 du même mois, à Tampe (15 km de Ziguinchor), une vingtaine de paysans, partis récolter des noix de cajou dans la forêt, ont eu une oreille tranchée à la machette... Montré du doigt, le MFDC a condamné cet acte violent.

Après plus de vingt ans d’instabilité, le bilan de l’insécurité est lourd : 3.000 à 5.000 morts et au moins 60.000 déplacés, d’après l’ONG Oxfam. L’année 2007, relativement calme, avait notamment été marquée par la mort, le 13 janvier, du leader du MFDC, Augustin Diamacoune Senghor. Le dernier cessez-le-feu, signé en 2004, paraît bien loin... Depuis, des rivalités opposent plusieurs factions du MFDC.

Et, ces derniers temps, les incidents se multiplient entre rebelles et armée, mais aussi entre rebelles et villageois pour le contrôle des ressources naturelles et agricoles. De nombreux habitants expliquent que leur seul tort est de vouloir arracher prématurément aux rebelles les richesses de la nature. Leur région, considérée autrefois comme le grenier du Sénégal, regorge en effet de richesses convoitées : riz, ananas, goyave, mangue, papaye, etc. Dernièrement, des éléments du MFDC ont par exemple été accusés par les autorités de la région de Ziguinchor d’être impliqués dans un vaste trafic de bois de veine (sorte d’acajou, Ndlr), une espèce protégée en Casamance.

''Vous ne pouvez pas revenir ici !''

Les déplacés qui tentent de revenir ne sont visiblement pas les bienvenus… Dernièrement, des habitants de Bissine, gros village situé à une quarantaine de kilomètres de Ziguinchor, ont ainsi été capturés, alors qu’ils étaient venus refaire les chaumes de leurs cases. Nous avons été kidnappés au deuxième jour des travaux de déblayage du village. Ils nous ont fait marcher près de 20 km et nous ont contraints à porter des bagages. Pendant quatre jours, nous avons passé la nuit dans leur cantonnement, raconte Ousmane qui avait laissé son travail de vigile dans une société de gardiennage à Dakar pour revenir s’installer. On vous a toujours dit que vous ne pouvez pas revenir ici !, aurait menacé un maquisard lourdement armé. Pourtant, selon l’ONG Afrique Enjeux, structure qui aide au retour les populations de Bissine, les rebelles s’étaient engagés à ne pas gêner la réinstallation des villageois.

À Bissine, comme un peu partout en Casamance, les multiples vallées qui ceinturent les villages permettent en temps normal aux habitants, les femmes surtout, de cultiver le riz. Avec le regain de tension observée dans la région, les paysans n’osent plus s’aventurer dans les rizières. En 2007, la Direction régionale de l’Agriculture a noté un déficit vivrier de 20.000 t de riz dû aux baisses des emblavures et de la pluviométrie. L’insécurité a certainement contribué à aggraver la situation. Aujourd’hui, Moustapha Bassène, membre du Collectif des sages pour la paix en Casamance, une association impliquée dans le processus de paix, déconseille aux populations de s’aventurer en profondeur en brousse. Si, ailleurs, l’or ou les ressources minières alimentent la guerre, en Casamance, c’est la nature généreuse qui entretient l’insécurité…
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Les commentaires...
Fabiche
22-12-2008
19:05:06
Mon grand-père qui a connu l'occupation allemande m'a expliqué petit que, de tout temps, des gens profitaient des moments difficiles pour faire de l'argent et n'avaient donc aucun intérêt à ce que la situation s'améliore. Certains mêmes, rendus aveugles par le gain, tuaient la vache qui nourrissait de son lait tant bien que mal femmes et enfants des campagnes.

Apprennez à vos enfants que la Casamance a ces choses fabuleuses, qui ont été perdu dans nombres de régions du monde, que sont le partage, la joie de régaler, d'offrir et que ceci vaut tout l'or du monde.

Le mal qu'ils font transpirera sur leurs visages et dans leurs regards.

Je finirai par une phrase que mon grand-père me disait régulièrement : ''on est beau que dans le regard des autres'' et ''souffre pour être beau, mais ne souffre pas de ne pas l'être sinon une souffrance s'ajoutera à la première : la solitude''

Sachez Casamançais que je vous aime et comme nombreux amis casamançais me l'on dit: on est ensemble !
Pierre
20-06-2008
06:38:05
Non seulement vous faites de la désinformation en tenant des propos mensongers concernant la situation en Casamance, mais en plus vous êtes des menteurs ! Cela fait une semaine que j'ai déjà réagi à votre article et vous continuez à prétendre qu'il n'y a pas de réaction.

M. Hamidou Sagna, heureusement qu'il y a des étrangers qui prennent la défense de votre pays que vous même maltraité en écrivant n'importe quoi.
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