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En Australie, 14 grands groupes et 60 organismes publics participent au programme Eco-buy, qui référence plus de 200 catégories de produits et 500 fournisseurs. © DR |
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EconomieAchats éco-responsables: d’énormes progrès restent à faire [Fr]
Agnès Ginestet
JDLE - Journal de l'environnement (France)
Le 10-06-2008 (Publié sur internet le 08-07-2008)
Si dans les entreprises, certains départements des achats veillent à choisir des produits éco-conçus ou ayant le moins d’impact possible sur l’environnement, d'autres ne tiennent pas compte de ce type d'offre. Des initiatives étrangères d’incitation aux achats verts pourraient inspirer les acteurs français.
Produits 'verts' et achats des entreprises. Le colloque organisé par l’
Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (
Ademe) les 4 et 5 juin avait pour but de débattre de l’incitation en faveur des achats verts au sein des entreprises françaises. Une enquête réalisée en 2007 (1) auprès de 85 responsables des achats européens a établi que l’instauration de
passations de marchés durables est leur troisième priorité pour 2007-2008, la première étant de faire des économies. Pour Olivier Menuet, l’un des auteurs, le mouvement s’accélère, car les achats durables étaient la cinquième priorité en 2005, et la septième en 2003. Mais les acheteurs français semblent moins décidés que leurs collègues étrangers à privilégier ces achats.
Philippe Vasseur, ancien ministre chargé de l’agriculture, dirige le
réseau Alliances qui fédère 150 entreprises françaises mobilisées dans le domaine de la responsabilité sociale et environnementale (RSE). L’un des adhérents, le distributeur Auchan, propose aux consommateurs des espèces de poissons à faible empreinte écologique, comme le tilapia, et refuse de commercialiser du thon rouge de Méditerranée menacé de disparition. Philippe Vasseur estime que pour réussir sa politique d’achats responsables, une entreprise ne doit pas
se contenter d’imposer un code de bonne conduite et un cahier des charges, mais accompagner les fournisseurs/sous-traitants dans la démarche de progrès. Il souligne toutefois la difficulté de vérifier que les critères sont bien suivis, sachant notamment que les personnes chargées de mener les audits annoncent leur venue aux sous-traitants.
Des outils d’incitation aux achats verts existent-ils à l’étranger? Pour le savoir, le cabinet Ernst and Young a réalisé pour l’
Ademe une veille sur 17 pays. Conclusion: peu d’initiatives de ce type ont été prises à travers le monde, mais 6 ont été jugées intéressantes. Par exemple, en Australie, 14 grands groupes et 60 organismes publics participent au programme
Eco-buy, qui référence plus de 200 catégories de produits et 500 fournisseurs.
Green purchasing network (
GPN), plate-forme japonaise d’échange sur les achats verts qui réunit près de 2.900 entreprises, associations et agences gouvernementales, propose une base de données pour comparer des produits (imprimantes, mobilier de bureau, téléviseurs…)
Si d’importants progrès restent à faire du côté des entreprises, les particuliers ne donnent pas forcément la priorité aux produits verts. Pour Pierre Frisch, directeur environnement d’Auchan, le prix reste encore leur premier critère de choix, et
ils ne prennent pas le temps de réfléchir lorsqu’ils font leurs courses en 45 minutes. Le contexte actuel de flambée des prix ne va sans doute pas changer les choses…
(1)
European Sustainable Procurement Survey – 2007, étude menée en partenariat par HEC, Ecovadis et Ariba