Danielle Roy est coordinatrice de missions au siège administratif parisien de Planète Urgence. Elle gère les projets de la ''plateforme Mali''. © Julien Genin / Planète Urgence |
Les Ecoles Mobiles de Brousse au Mali [Fr]
Danielle Roy & Louis Barda
Planète Urgence (France)
Le 26-05-2008 (Publié sur internet le 28-05-2008)
819 mots
Dix villages vont bénéficier à nouveau de l’appui des volontaires, qui prendront ainsi la suite du travail amorcé par leurs 45 prédécesseurs partis en 2007. Danielle Roy et Louis Barda, coordinateurs de missions, nous présentent le projet ''Ecoles Mobiles de Brousse'' de la ''plateforme Mali''.
Concernant les missions Congé Solidaire, Planète Urgence a décidé de concentrer ses efforts de coopération sur 4 pays majeurs : le Mali, le Bénin, Madagascar et le Cameroun. Nous avons appelé plateformes ces zones d’action car elles disposent d’un ou plusieurs centres de ressources en formation, d’un délégué permanent de l’association et d’une logistique renforcée pour l’accueil et l’encadrement des volontaires.
L’objectif de la création de ces plateformes est triple :- Améliorer l’impact et l’efficacité des missions
- Rendre plus visible les actions des volontaires
- Faciliter le processus d’évaluation du programme et des missions des volontaires.
C’est dans cet esprit que nos coordinateurs de missions sont récemment partis en évaluation sur le terrain pour accompagner et structurer ce processus.
Les Ecoles Mobiles de Brousse au Mali
Après 6 mois d’interruption, la mission école de brousse au Mali reprend le 16 juin prochain.
Dix villages vont bénéficier à nouveau de l’appui des volontaires, qui prendront ainsi la suite du travail amorcé par leurs 45 prédécesseurs partis en 2007. A bord d’une ancienne ambulance transformée pour la circonstance en
véhicule école ou d’une pinasse entièrement réaménagée pour l’occasion, les volontaires de Planète Urgence se rendront dans les écoles de villages parmi les plus enclavés de la région de Mopti. L’objectif reste inchangé : aider 500 enfants de niveau CE1 CE2 à l’apprentissage du français et apporter un appui à leurs dix enseignants.
Bien que le taux de scolarisation ait progressé durant ces 15 dernières années au Mali, le système éducatif reste confronté à de nombreuses difficultés encore exacerbées dans les écoles des villages enclavés : classes surpeuplées, manque d'enseignants et de moyens pédagogiques, déficit de scolarisation des filles … Ces obstacles majeurs à une véritable égalité des chances sont également un frein au développement économique de la région. L’arrivée des deux unités mobiles et de leur équipement logistique et pédagogique, est donc plébiscitée par les enseignants, les villageois et surtout les enfants ! Elle constitue à chaque fois un petit événement dans le village, où tout le monde s’active pour assurer l’accueil des 2 à 4 volontaires qui vont animer deux semaines durant des ateliers auprès des groupes d’enfants et organiser des projections de films et des débats avec les adultes.
Les volontaires travaillent en équipe en fonction de leurs compétences : soutien scolaire, contes, chants, jeux, expression théâtrale, mimes, dessins, travaux manuels … Ces activités ludiques offrent aux enfants de multiples occasions de s’exprimer hors des contraintes scolaires qui ne permettent presque jamais l’expression individuelle. Il faut voir la détermination des enfants, qui parcourent parfois plusieurs kilomètres le matin pour se rendre à l’école, sans être certains de pouvoir déjeuner le midi. Ou ceux qui, en période d’hivernage, viennent après avoir travaillé aux champs le matin avec leur parents … La motivation des élèves est un des faits marquants de ces missions, à quoi s’ajoutent les nombreuses rencontres et moments forts qui se créent tout autant avec les adultes. Ces échanges s’enrichissent à travers les projections de films, les causeries de sensibilisation, les fêtes clôturant les missions, ou encore les contacts plus informels qui accompagnent le quotidien des volontaires au sein du village. Très vite ils sont adoptés par les villageois, parfois rebaptisés d’un prénom peul, bambara ou bozo en fonction de l’ethnie du village... !
Au retour de leur mission, bon nombre de volontaires sont restés en contact avec le village qui les a accueilli. Si participer à un tel projet dans des villages de brousse enclavés demande des capacités d’adaptation afin de faire face à l'inconfort du quotidien (ni eau courante, ni électricité, lits de camp étroits et durs...) et aux nombreux imprévus qui peuvent survenir, ces différents aspects sont largement compensés par la chaleur humaine et la richesse des échanges. Toutefois, pendant le week-end intermédiaire, les volontaires retournent en ville où ils bénéficient de conditions d’hébergement moins sommaires. Ils peuvent alors décider d’aller vers le Pays Dogon, haut lieu de culture animiste au Mali, ou vers Djenné, afin de mieux connaître les nombreuses richesses culturelles du pays.